Max Obione, La Chatte bot­tée

Les contes de fée, on le sait, se prêtent à mer­veille aux pas­tiches, de pré­fé­rence éro­tiques. Pen­sez un peu aux légions de Cha­pe­rons rouges que le grand méchant loup s’est pro­mis de déniai­ser ou encore aux vel­léi­tés anthro­po­phages de cette même bête qui, pour le plus grand bon­heur de la don­zelle en ques­tion, se contente, dans maintes ver­sions du texte, de lui bouf­fer le cul, avant de la faire culbu­ter dans les bras de la petite mort. Ou encore à la marâtre qui réus­sit à échap­per, le temps d’une par­tie de jambes en l’air, à son rôle ingrat en revê­tant le cos­tume de la MILF ou de la cou­gar s’oc­cu­pant avec appli­ca­tion de toute cette jeu­nesse en manque d’é­du­ca­tion sexuelle.

Max Obione a choi­si de s’oc­cu­per des exploits d’un célèbre féli­dé auquel il impose d’a­bord un chan­ge­ment de sexe et ensuite une envie irré­sis­tible de se faire trous­ser, envie que celui-ci (ou celle-ci plu­tôt) sait non seule­ment com­bler mais qu’elle pos­sède l’art de mettre au pro­fit de son pro­té­gé. Au lieu d’un chat, il y a donc une chatte, tan­dis que le roi et l’ogre ont été rem­pla­cés par des membres de la pègre locale. Le tout est racon­té non point par un nar­ra­teur ano­nyme et omni­scient, mais par une des bottes de la gen­tille chatte dont la pers­pec­tive sur les évè­ne­ments est, on s’en doute, assez par­ti­cu­lière. On connaît la fin, ou presque, et je peux vous assu­rer qu’elle est déli­cieuse.

L’un ou l’autre de mes lec­teurs se sou­vient sans doute des Lec­tures esti­vales du San­glier, dont le bal a été ouvert, en juin 2013, par un titre issu de la célèbre col­lec­tion Culis­sime de Miss Ska : Plages inter­dites, un recueil col­lec­tif qui ras­semble plu­sieurs auteurs de la mai­son. Max Obione y a contri­bué sa nou­velle Sagno­lu qui, dans le temps, n’a pas su me séduire. Celui-ci, au lieu de rous­pé­ter quand il l’a appris, a déci­dé de lais­ser par­ler ses textes à sa place, offrant à la vora­ci­té lit­té­raire du San­glier plu­sieurs spé­ci­mens de son tra­vail d’au­teur. Et je peux confir­mer à mes lec­teurs que ce choix était le bon, vu que son pas­tiche du célèbre conte de Charles Per­rault m’a offert une petite demie heure d’un plai­sir non miti­gé.

Max Obione, La chatte bottéeMax Obione
La Chatte bot­tée
sKa Édi­teur
ISBN : 979−1−02−340149−3