Her­vé Fuchs – la France pro­fonde

Hervé FuchsHer­vé Fuchs est un per­son­nage aux facettes mul­tiples – illus­tra­teur, entre­pre­neur, ancien direc­teur d’ouvrage, hôte d’un cam­ping au cœur de la Bour­gogne et j’en passe – mais il est sur­tout (sur­tout !) l’auteur des Folles de la Natio­nale 4, cette épo­pée de la route en deux gros volumes lar­ge­ment suf­fi­sante à elle seule pour for­mer la base d’une belle renom­mée. Si seule­ment quelqu’un avait décou­vert cet auteur aus­si modeste qu’exceptionnel, quelqu’un capable de lui don­ner le public qu’il mérite, quelqu’un de plus influent que votre modeste ser­vi­teur qui ali­mente son blog dans le seul espoir de par­ta­ger avec quelques lec­teurs curieux son goût de l’insolite et des cou­rants sou­ter­rains.

Quant à moi, c’est Her­vé Fuchs qui m’a intro­duit au for­mat numé­rique, vous ima­gi­nez donc tout ce que je lui dois. Je l’ai décou­vert grâce à Vincent Ber­nard, du temps que celui-ci col­la­bo­rait aux Édi­tions Edi­cool, à la tête de la col­lec­tion Les Dix. Her­vé Fuchs était un des rares auteurs de cette mai­son, et je peux dire que le titre de son polar m’a tout de suite intri­gué, et cela en dépit de mon goût très peu pro­non­cé pour tout ce qui se trame dans le domaine du poli­cier au sens très large. Mais l’extrait publié par l’éditeur m’a mis l’eau à la bouche, et c’en était fait de moi – il me fal­lait ces Folles-là, à n’importe quel prix. Encore heu­reux que le prix des livres numé­riques était, à cette époque-là, ridi­cu­le­ment peu éle­vé. Je l’ai donc ache­té – mon tout pre­mier livre numé­rique ! – et je l’ai lu, faute de tablette ou de liseuse, sur l’écran minus­cule d’une Sam­sung S800. C’est dire la fas­ci­na­tion qu’exerçait sur moi ce texte qui trans­porte le lec­teur dans un uni­vers d’une sau­va­ge­rie inouïe, peu­plé de per­son­nages fas­ci­nants capables de prendre racine et d’envahir l’imaginaire des lec­teurs.

Les Folles de la Natio­nale 4, ce sont deux femmes, des pirates de la route, qui sévissent dans la Lor­raine des années soixante-dix, les années punk, les années ter­ro­ristes aus­si avec leurs grou­pus­cules d’extrême gauche comme la RAF alle­mande ou encore les CCC ita­liennes. Une intrigue toute en vitesse se décline sur les rythmes du pre­mier cou­rant punk, sur fond d’une région en pleine restruc­tu­ra­tion avec ses vil­lages et ses petites villes entre déses­poir et rébel­lion et ses pay­sages d’une beau­té acerbe.

Her­vé Fuchs est le chantre et en même temps, pro­fes­sion oblige, l’illustrateur d’une époque close par la chute du mur de Ber­lin, la der­nière de l’ordre ancien ins­tal­lé par l’issue de la deuxième guerre mon­diale, une époque qui s’explique en grande par­tie par l’inexorable repli sur elle-même et où les idéo­lo­gies ont fer­men­té la vio­lence dans la pres­sion d’un uni­vers her­mé­tique. Une époque révo­lue donc – et bien révo­lue – qui fut pour­tant celle de la jeu­nesse des quin­qua­gé­naires actuels, celle qui a for­mé un grand nombre des diri­geants et des pro­ta­go­nistes du monde actuel.

Les Folles de la Natio­nale 4, c’est l’épopée d’une Lor­raine convul­sée, d’un monde près de s’écraser, sans le savoir, contre les garde-fous de l’Histoire avec H majus­cule, un monde déchi­ré par des pas­sions anta­go­nistes et qui res­semble pour­tant, par bien des côtés, à la France de Papa, celle qui a vécu et que toutes les nos­tal­gies, poli­tiques ou autres, ne sau­raient res­sus­ci­ter.

La Bauge Littéraire
Le logo de la Bauge lit­té­raire, des­sin ima­gi­né et exé­cu­té par Her­vé Fuchs.

À part cela, il y a un lien très per­son­nel qui m’attache à cet auteur à la force impres­sion­nante : c’est lui qui a des­si­né le logo de la Bauge lit­té­raire. Et oui, la belle bête qui se pavane sur le site de votre ser­vi­teur est l’œuvre du Lor­rain fou, et cela aus­si donne à celui-ci le droit d’occuper une place de choix dans le repaire de la Bête sau­vage des bois ger­ma­niques.

Her­vé Fuchs dans la Bauge lit­té­raire

Hervé Fuchs, Le rapt du fils Janel

Her­vé Fuchs, Le rapt du fils Janel. Tome 2 des Folles de la Natio­nale 4

Il y a de ces livres qu’on rumine encore long­temps après les avoir lus. On ferme ses yeux, et leurs …
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Hervé Fuchs, Les Folles de la Nationale 4

Her­vé Fuchs, Les Folles de la Natio­nale 4.

« Tout ce monde est sor­ti du creux de sa cer­velle. » Robert Des­nos, La ville Terre de folie, la Lor­raine …
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Biblio­gra­phie

Les Folles de la Natio­nale 4, Sai­son 1 – l’intégrale

Le rapt du fils Janel, Les Folles de la Natio­nale, Sai­son 2 :

Her­vé Fuchs sur la Toile