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La Rei­ne et le San­glier – de retour pour le Rays­Day !

Ray Bradbury en 1975
Ray Bradbury, père spirituel du RaysDay, événement consacré à la lecture. (Photo par Alan Light)

Dans exactement une semaine, le 22 août, la toile va célébrer la troisième édition du RaysDay. Cet événement, créé à la mémoire de Ray Bradbury par Neil Jomunsi, l'animateur de page42.org, site incontournable consacré à l'édition, à l'écriture et aux questions du partage des contenus, a trouvé un écho plus que favorable dans la communauté littéraire - dans le sens le plus large possible - avec une bonne cinquantaine de participants rien que pour l'édition 2016. Une grande diversité d'événements - des textes à librement télécharger, des quizzs, des livres offerts en cadeaux - attend les internautes assez curieux pour suivre les hashtags qui s'annoncent nombreux ce luni 22 août sur les réseaux numériques.

Votre serviteur, associé pour l'occasion à l'une des plus charmantes - une des plus polémiques aussi - des autrices, Reine Bale, sera de la partie lui aussi, et vous offrira le téléchargement libre d'une nouvelle de cette Reine des plumes, De quels feux ?, nouvelle initialement publiée dans la Bauge littéraire dans le cadre des Lectures estivales et remise à l'honneur par l'autrice elle-même pour célébrer cette journée consacrée à la littérature.

La Reine et le Sanglier, c'est un beau couple d'un drôle de conte de fée, couple qui renouvelle l'expérience de 2014 quand, à l'occasion de la naissance du RaysDay, ces deux-là ont une première fois tenté l'expérience en publiant une nouvelle érotique signée Reine Bale, L'Échange, accompagnée par un article sorti de la plume de la bête, échappée pour l'occasion aux profondeurs des forêts teutonnes.

Reine Bale participe à l'édition 2016 du RaysDay.
Reine Bale, autrice aussi lumineuse que polémique, associée du Sanglier pour l'édition 2016 du RaysDay.

Le 22 août, apprêtez-vous donc à suivre le hashtag #RaysDay pour une expérience des plus insolites, expérience qui vous permettra d'entrer en contact avec les propulseurs d'une littérature qui vit par le partage. Une belle occasion pour des randonnées sur la Toile 🙂

Léon de Grif­fes, Rêves éro­ti­ques et fan­tas­mes brû­lants

Léon de Griffes s'est fait remarquer par un cycle de nouvelles, Les Vies d'Adèle, dans lequel la protagoniste se glisse, à tour de rôle, dans des existences aussi diverses que celles, entre autres, de professeure dans un collège professionnel et d'actrice du X, des existences reliées entre elles par la liberté et la joie de vivre toute charnelle de l'héroïne. Inutile de préciser que, quand je suis tombé sur un nouveau recueil sorti de la plume de cet auteur, j'ai sauté sur l'occasion, d'autant plus que le recueil se présente (sur la foi de sa première de couverture) en mode estival et que la présentation souligne encore plus ce caractère :

Le sable chaud, le ronronnement de l’océan, les corps dévêtus, les regards espiègles, l’âme légère, chaque mouvement est une musique sensuelle qui vous échauffe, vous enflamme, vous fait dériver vers les rêves les plus débridés.

Le moyen de résister à de telles paroles qui semblent résumer à merveille les aspirations du Sanglier et qui vous font baver d'avance ?? Malheureusement, on constate très vite que les cinq nouvelles du petit recueil n'ont rien de particulièrement estival, et je dois avouer que j'ai été un petit peu déçu par cela et qu'il a même fallu faire un effort afin de me résoudre à donner une deuxième chance à l'auteur. Aussi faut-il préciser, pour sauver son honneur, que l'auteur s'adresse, dans le passage cité, au vacancier allongé sous le soleil qui voudrait ajouter à la chaleur des rayons celle, plus torride encore, d'une bonne dose de sexe littéraire. Je me suis donc dit que ce n'est pas la faute des textes, ni de leurs protagonistes parfois bien attachants, si leur auteur a choisi de consacrer un peu trop aux dieux du marketing dans le but de recruter des lecteurs supplémentaires pour le suivre dans ces aventures. Et la plume de Léon de Griffes étant ce qu'elle est, la bonne humeur l'a finalement remporté haut la main, conquise par les délicieuses galipettes et autres parties de jambes en l'air qu'on trouve en abondance dans ce recueil.

On y trouve deux types de scénarios de base avec, d'un côté, le duo "classique" où boy meets girl, une évidence, pourrait-on croire, qui pourtant a tendance, sous la plume de Léon de Griffes, à se compliquer plus que de coutume, et, de l'autre, les récits qui réunissent plusieurs protagonistes. Dans le premier cas, il y a les histoires de Julie et de Léo, compagnons dans un bizness de sextoys, qui pendant longtemps se prennent pour rien que des amis ; celle ensuite de la soumission de la stagiaire qui a besoin d'un rapport positif (!) afin de décrocher le contrat tellement convoité ; et celle enfin de la journaliste qui se double d'une chaudasse dans le but d'obtenir bien autre chose qu'une bête interview. Les intrigues ne sont peut-être pas toujours des plus originales, mais cela ne les empêche nullement d'être bandantes et de pleinement réaliser l'annonce de l'auteur à la fin du prologue :

Nul doute qu'à leur lecture, ce n'est plus sur l'écran que vous voudrez glisser votre doigt ...

Il faut concéder à Léon de Griffe qu'il sait mesurer les effets de ses textes.

Le deuxième cas, mettant en scène plusieurs protagonistes avides de découvrir les joies de la multiplicité, est plus complexe et les récits sont plus finement ciselés, vu qu'il faut amener de potentiels partenaires à surmonter un obstacle non négligeable qui se dresse sur la route du plaisir : les conventions sociales doublées des effets d'une éducation qui cantonne le sexe dans ses fonctions reproductives. Si la première des deux histoires, Petits jeux entre amis, mise en scène du vieux scénario du jeu de poker arrosé qui dérape en orgie, ne présente, encore une fois, aucune originalité, le deuxième exemple, Espiègles confidences, est plus intéressant : Trois amies (qui, elles, incarnent des rôles plutôt que des individus) ont l'habitude de se rencontrer une fois par mois, occasion pour aborder, évidemment, les histoires de couples et de sexe. Une ambiance un peu spéciale se crée au rythme des échanges mensuels, et les trois filles vont de découverte en découverte, emmenées par la fringante Fanny, jusqu'à déboucher sur une sexualité pleinement assumée qui ne s'embarrasse plus du caractère possessif (et hétérosexuel) des relations habituelles. Est-ce qu'il faut souligner que le potentiel d'un amour au féminin n'est pas à déplaire à votre serviteur ? C'est avec un réel plaisir que j'ai suivi le cheminement de ces trois femmes, retracé par le narrateur avec une complaisance des plus sensuelles.

Rêves érotiques et fantasmes brûlants, ce sont cinq petites histoires bien croustillantes, finalement bien adaptées à la légèreté estivale, à lire sous le soleil, comme l'auteur lui-même le conseille si bien à ses lecteurs futurs. Veillez pourtant à les consommer près d'une piscine ou au bord de la mer afin de pouvoir vous rafraîchir si la lecture devait avoir des effets par trop visibles 😉 !

Deux remarques avant de conclure :

Un des textes du recueil, Intimes connexions, présente un intérêt supplémentaire qui pourrait tenter plus d'une : Non seulement il fournit une belle illustration du concept de l'intertextualité - c'est en lisant un extrait des Vies d'Adèle que la belle Julie, testeuse de sextoys, succombe aux effets des vibrations de l'engin inséré dans sa chatte - il fait aussi partie des "nouvelles érotiques vibrantes" proposées par B-Sensory, concept intéressant qui combine la stimulation intellectuelle de la lecture d'un texte érotique à celle, plus immédiatement charnelle, du Little bird, sextoy connecté à une application de lecture.

Ensuite, j'aimerais discerner une mention spéciale à Espiègles confidences, à mon avis le meilleur texte du recueil, pour l'optimisme qui s'y exprime à propos du pouvoir de l'invention et de la narration, ingrédients de base de la chose écrite : Une des réunions sous la couette dégénère en séance masturbatoire au cours de laquelle les filles s'envoient en l'air, emportées par un récit inventé par l'une d'entre elles, chacune devenant, à tour de rôle, "l'objet du récit". Beau témoignage de la foi optimiste de Léon de Griffes à propos du pouvoir de la littérature que cette belle variation autour de l'objet du désir. De la part d'un auteur fier de ses textes. Et qui a toutes les raisons de l'être.

Rêves érotiques et fantasmes brûlants Couverture du livre Rêves érotiques et fantasmes brûlants
Léon de Griffes
Fiction / érotisme
2 août 2015
Fichier numérique (Kindle)
87

Sous le soleil brûlant d’une plage bondée, vous faites glisser votre doigt sur l’écran lisse de votre liseuse. Le sable chaud, le ronronnement de l’océan, les corps dévêtus, les regards espiègles, l’âme légère, chaque mouvement est une musique sensuelle qui vous échauffe, vous enflamme, vous fait dériver vers les rêves les plus débridés.

Avec un petit sourire coquin, vous choisissez votre menu : la relation trouble de de Julie et Léo dans « Intimes connexions » ? Le poker arrosé et malicieux qui entraine cinq amis au-delà de leur fantasmes dans « Petits jeux entre amis » ? La requête un peu spéciale de la petite stagiaire dans « Rapport(s) de Stage » ? Les confidences sur l’oreiller entre trois amies aux destins si différents dans « Espiègles confidences » ? Ou encore l’étonnante entretien d’une jolie journaliste dans « Enivrante Entrevue » ?

Chacune de ces nouvelles explore les multiples dimensions des fantasmes et de leurs ressorts. Nul doute qu’à leur lecture, ce n’est plus sur l’écran que vous voudrez glisser votre doigt…

Stel­la Tana­gra, Sexe cité

Avant d'entamer la lecture de ce petit article, une mise en garde s'impose, chers lecteurs : Les nouvelles de ce recueil se terminent, comme l'éditeur le fait d'ailleurs remarquer sur la quatrième de couverture, "par une fin particulièrement surprenante". Comme je me suis vu contraint d'évoquer certaines de ces conclusions, il vaudrait sans doute mieux arrêter votre lecture ici, si vous voulez garder entier le plaisir de découvrir par vous-mêmes les inventions de l'auteure.


Toujours avec moi ? Parfait ! Partons donc ensemble à la découverte d'un texte qui appartient à un genre tombé quelque peu en désamour, au moins en ce qui concerne votre serviteur - le recueil de nouvelles. Mais la lecture de cette dizaine de textes avait vite fait de venir à bout de mes réticences, et même l'obstacle dressé par quelques irritations linguistiques a vite été sauté, telle est la candeur toute en violence et en verdure de ce recueil signé Stella Tanagra, Sexe cité, texte érotiquo-pornographique vaillamment publié par IS édition dans la collection Jardins secrets, où les textes d'auteurs autrement plus renommés (comme p.ex. Marie Godard dont le premier roman a été publié par les Éditions Blanche) n'ont pas à rougir de cette jeune audacieuse venue les rejoindre.

Selon l'affirmation de la quatrième de couverture, ces dix récits seraient "consacrés à la libido féminine", ce qui, au bout de quelques heures de lecture, se révèle très juste. On se demande pourtant si l'éditeur est au courant de ce qu'est, au milieu de la deuxième décennie de ce XXIe siècle, la littérature érotique francophone, quand on l'entend affirmer que cette libido féminine sus-mentionnée serait un "sujet souvent tabou qui mérite d'être enfin mis à nu par écrit". Certes, elle le mérite, mais elle l'est depuis un certain temps déjà, dans un domaine littéraire où des femmes publient un grand nombre de textes de très grande qualité. Anne Bert, Clarissa Rivière, Aline Tosca, Julie-Anne de Sée, Emma Cavalier, Erika Sauw et tant d'autres, ce sont ces auteures-ci qui ont su élaborer sur les perspectives et la sexualité féminines dans la littérature, introduite, pour notre plus grand bonheur, depuis bien longtemps déjà par des plumes célèbres comme celles de Françoise Rey ou d'Alina Reyes. Mais si je dis ça, c'est plus pour dénoncer ce qui ressemble furieusement à une stratégie marketing que de jeter le gant à l'auteure qui, elle, mérite mieux, et n'a pas besoin de se cacher derrière des affirmations bidons pour s'imposer : une tâche dont la fraîcheur et l'audace de certains de ses textes s'acquittent très bien.

J'ai l'impression que les textes qu'on trouve réunis dans ce recueil ne datent pas tous de la même époque. Il y a certains qui rappellent un peu trop les fantasmes de l'adolescence, comme celui qui ouvre la danse, Mort sûre, qui relate la rencontre fatale avec une de ces bêtes rendues à nouveau célèbres par les livres de Stephenie Meyer (non, pas les vampires, les autres), ou encore Frikitona, texte qui aborde le réveil d'une sexualité libre, débridée, d'un côté un peu trop idéologique, si l'on peut dire, le tout toutefois rehaussé d'une belle scène de séduction aux rythmes d'une danse des plus lascives. À côté de ces textes qui se lisent et s'oublient assez rapidement, il y a d'autres qui suscitent des impressions autrement plus fortes, comme par exemple Arcane Amant, récit sordide d'une orgie de violence où le viol n'est plus que le point sur le i. On ne sait ce qui, dans ce récit, est le plus choquant, les détails du viol ou le fait que celui-ci soit imaginé par une fillette de douze ans. Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître que la force de Stella Tanagra rend ces passages très difficiles à soutenir. La libido féminine n'a apparemment rien de vanillé... D'autres textes, s'ils sont moins violents, n'en sont pas moins capables de laisser d'excellents souvenir, comme celui par exemple qui clôt cet ensemble assez hétéroclite, Le refuge, où une jeune femme est confrontée à des tentatives de drague assez malhabiles et dont la chute réussit à remettre en question quelques idées reçues. Un autre texte mérite d'être mentionné, Hymne à ceux qui butinent libres, texte consacré à l'initiation au libertinage d'un jeune couple, remarquable par la sensualité de certains passages où l'auteure raconte la lente plongée tout en douceur des deux femmes au fond de la tendresse partagée.

Stella Tanagra aborde une riche variété de sujets, comme par exemple, outre ceux déjà mentionnés, la sexualité des femmes enceintes, celle des handicapés ou encore la zoophilie. Le lecteur reste ébahi devant l'audace de l'auteure qui, fort heureusement, ne se soucie guère du qu'en dira-t-on, même si son approche peut parfois sembler teinte de naïveté, mais la force et la verdure de son écriture empreinte de la force de la jeunesse et de la joie de sauter les obstacles fait bien vite oublier les maladresses de style et de grammaire, ou ceux encore qu'on peut trouver dans le traitement des sujets.

La lecture de Sexe cité m'a laissé de très bons souvenirs et - surtout - l'espoir de voir Stella Tanagra revenir sur les devants de la scène avec un texte de plus grande envergure. Je me lèche déjà les babines en pensant aux possibilités que son premier recueil laisse entrevoir.

Sexe cité Couverture du livre Sexe cité
Stella Tanagra
Fiction
IS Edition
6 June 2015
fichier numérique
134

Quatrième de couverture
« Sexe cité » est un recueil de dix récits érotiques consacrés à la libido féminine, sujet souvent tabou qui mérite d'être enfin mis à nu par écrit. Chaque nouvelle présente un regard novateur et sans complexe sur le jardin secret féminin, et se conclut à chaque fois par une fin particulièrement surprenante ! Aphrodisiaque, « Sexe cité » se veut aussi provocant et dérangeant, questionnant chacun sur ses désirs indicibles. Et vous, quelles sont vos limites…?

Note de l'éditeur : cet ouvrage est destiné exclusivement à un public adulte.

Com­te Ker­ka­dek, Mer­ci pour ce mac­chab’

Voici enfin des nouvelles du Comte Kerkadek un des auteurs qui ont le secret de faire fantasmer le Sanglier sur les univers qu'ils savent distiller à partir du cocktail chimique de leurs pensées en désordre, des univers qui font miroiter leurs terres trempées de violence et d'insolite sous les yeux de votre serviteur qui ne demande pas mieux que de tendre la patte à ses fous délirants pour se laisser embarquer avec eux. Et voici qu'une nouvelle gracieusement offerte par ce vieux loup de mer et son éditeur, Merci pour ce macchab', présente l'occasion de fuir mon repaire noyé dans la grisaille de l'hiver germanique et de pénétrer jusqu'aux origines de ce nain néfaste qui hante depuis bien trop longtemps la planète, de la Bretagne jusqu'à la Corée du Nord, en passant par les Amériques, le docteur Furtado, némésis du Comte, fondateur de l'Empire des poules, génie maléfique qui n'a absolument rien à envier aux méchants qui peuplent les James Bond. Un énormissime cadeau de Noël, un appel au vagabondage, l'occasion rêvée de se perdre, une bonne fois pour toutes, dans les brumes des landes bretonnes...

Et dire que tout a commencé par une dissémination, sorte de défi littéraire, à savoir celui d'écrire un roman policier sur la base d'un Tweet de Renaud Schaffhauser :

Beau projet, effectivement, et le Comte et son ami nanosomique s'y mettent à quatre mains, très bientôt confrontés à toutes les difficultés qu'un tel projet peut engendrer. Aussi, ne faut-il pas s'étonner que celui-ci n'avance que  très doucement, les personnalités des deux écrivains de circonstance étant trop peu compatibles pour pondre un texte qui tienne debout. Les choses commencent pourtant à se corser quand le nain tombe sur un bouquin oublié par leur servante bigoudène, Merci pour ce moment, le texte craché par Valérie Trierweiler pour rendre compte de son parcours avec celui qu'on sait. C'est la lecture de ce texte à caractère obstétrical qui fait naître Furtado, un tour de main digne des récits d'horreur les plus horripilants, une cérémonie qui fait bien vite oublier les cruautés de seconde zone liées à la renaissance de Celui qu'on ne doit nommer, un résultat qui fait comprendre, a posteriori, les mises en garde du libraire juif qui a vendu le bouquin à la malheureuse servante.

Tout ça est évidemment à prendre au second degré, mais c'est une belle illustration de l'humour aussi noir que grinçant du Comte qui se sert des ingrédients de ce qui fait le bonheur de tous ces prestidigitateurs littéraires pour en tirer, en passant, un sourire blasé collé sur les lèvres, un texte qui se moque des complotistes de tous poils en abandonnant ses personnages et ses lecteurs au milieu de scénarios toujours plus improbables, tout en gardant un sens de la narration qui fait de ce ramassis de procédés littéraires usés jusqu'à la trame de véritables romans d'aventure qui ont le pouvoir, à leurs meilleurs moments, d'embarquer le lecteur dans un univers rendu crédible par une affabulation toute baroque, d'une vérité qu'on ne saurait trouver en dehors des livres.

La petite nouvelle dont il est question dans les lignes précédentes n'est qu'une petite mise en bouche, un hors d'oeuvre qui, s'il peut faire saliver, est censé vous laisser sur votre faim. Mais soyez rassurés, chers lecteurs, le Comte ne voudrait pas vous laisser dans un aussi piteux état, et le plat de résistance est vite servi. Il suffit de vous rendre chez votre libraire numérique préféré pour y acquérir les deux textes qui font la gloire du Comte, Atlantido et Pacifico, des romans qui, et je vous le promets, sauront vous culbuter dans des aventures fantastiques, pétries de la joie de conter que le Comte semble avoir hérité, en droite ligne, d'un Paul Scarron ou d'un Jan Potocki.

Franchement, je vous envie, vous qui êtes près de découvrir pour la première fois l'univers démentiel des romans du Comte. Profitez !

Merci pour ce macchab' Couverture du livre Merci pour ce macchab'
Comte Kerkadek
Nouvelle
Les Éditions de Londres
04/11/2015
Fichier numérique

"J'ai rêvé que tu écrivais un roman policier. L'assassin habitait chez toi....". C'est ce que le nain dit une nuit au Comte Kerkadek par un temps brumeux sur le port de Roscoff. Ensemble, les deux amis essaieront bien de l'écrire, ce roman. Mais le nain est trop gentil, ses scènes ne sont pas assez sanglantes, ses personnages trop polis. Leur travail n'avance pas et la vieille servante bigoudène s'ennuie à mourir. Jusqu'au jour où elle se rend dans l'unique librairie de son village et se procure ce livre avec une jolie dame en couverture, ce livre que tout le monde lit, elle qui n'a jamais rien lu. De ce détail naîtra un enchaînement de circonstances qui la conduiront à sa fin tragique et signera la fin de l'amitié entre le nain et le Comte.

"Merci pour ce macchab'", c'est l'explication d'un phénomène de société qui captiva des millions de français. "Merci pour ce macchab'", dans notre monde en proie aux convulsions identitaires, c'est la nouvelle des origines.

Nes­sa, Le constat

Cette année-ci, Noël est arrivé avant l'heure, grâce à Amazon et ses elfes qui m'ont fait découvrir un texte (à défaut de me l'offrir, mais, je vous le demande, à 0,99 €, n'est-ce pas carrément offert ?) qui m'a fait voir de toutes les couleurs : Le constat, de Nessa. Et dire qu'une petite cinquantaine de pages aura suffi à celle-ci pour réduire le Sanglier, cette bête fière et sauvage, en captivité… Quel bonheur que cette lecture 🙂

Comme vous devez le savoir (ceux d'entre vous au moins qui reviennent parfois me rendre visite dans la Bauge), rendu accro par quelques trésors dénichés au fur et à mesure de mes lectures (surtout estivales), je traîne assez souvent mon groin entre les étagères des publications nativement Kindle de chez l'Amazon(e) d'outre-Atlantique. Et celle-ci me le rend bien, parce qu'elle me propose, grâce à ses algorithmes magiques, des titres qui me font régulièrement passer de bons moments. Parce que, je vous le demande, quoi de mieux qu'une petite détente, se dispenser, l'espace d'une ou deux heures, de trop réfléchir, brancher seule la partie animale du cerveau et se laisser prendre par la main pour explorer, en ravissante compagnie, des univers fantasmiques ? Comme celui, par exemple, de Nessa, univers où j'ai passé, en immersion totale, frôlant la noyade des sens, des instants intensément sensuels. Des instants de bonheur et, je dois l'avouer, de souffrance aussi, tellement Nessa arrive à brancher les lecteurs sur ses protagonistes dont on partage non seulement les joies et les orgasmes, mais aussi les frustrations et les peurs.

Voici juste un petit résumé de l'intrigue pour vous mettre l'eau à la bouche. Après, j'aimerais mieux vous voir foncer pour acheter le texte et voir par vous-même, faisant deux heureux d'un seul coup : L'auteure qui aura le plaisir de voir son texte s'afficher dans le hit-parade des meilleures ventes, et vous-même qui passerez quelques instants magiques en compagnie d'Ambre et d'Élodie, les eux enchanteresses du plaisir que Nessa a eu le culot de lâcher en pleine nature :

Ambre se rend au boulot après une nuit trop longue avec trop peu de sommeil. La tête ailleurs, elle ne voit pas la voiture devant elle freiner. Mais, après le choc, c'est la rencontre avec une conductrice non seulement gentille, mais tout ce qu'il y a de plus ravissante. N'ayant pas de constat sur elles, les deux jeunes femmes se donnent rendez-vous le soir, après le travail. Et voilà que le coup d'envoi est donné pour une partie qui se jouera au plus serré, partie qui demandera aux protagonistes de s'investir à fond et de donner le meilleur d'elles-mêmes, dans l'espoir de gagner une petite longueur d'avance sur la vie, cette garce qui ne s'arrête jamais et qui risque de nous emmener aux endroits d'où le regard en arrière n'est plus que douleur et regret.

Rencontrez Ambre et Élodie, deux enchanteresses du plaisir lâchées en pleine nature...Click to Tweet

Et pour finir en beauté - parce que, n'est-ce pas, tout est bien qui finit bien - je ne vous cache pas que Nessa détient le mystère de terminer un texte de la meilleure des façons, dans un suspens qui n'en est pas vraiment un, une conclusion qui se dispense de montrer quoi que ce soit, qui laisse les lecteurs sur-excités sur une faim exquise, prêts à se ruer dans le cinéma le plus près pour s'y jouer un film dont la bienséance commande de ne pas s'attarder sur les détails.

Parlant de cinéma, j'ai pu constater que Nessa s'est largement inspirée de films pornographiques mettant en scène des relations entre femmes, et plus particulièrement des scènes de séduction et d'initiation, figurant, dans la plupart des cas, une femme jeune, novice, et une femme plus âgée, experte. On pense à Élodie collant Ambre contre le mur pour l'embrasser, l'action qui résout la tension et rassure Ambre à propos des intentions de sa future partenaire, ou encore à celle immédiatement après, Élodie invitant Ambre à monter à sa chambre, la précédant dans l'escalier menant au premier étage, scène qui démontre que l'inspiration de Nessa est tout sauf superficielle et qu'elle sait exploiter les mécanismes de mise en scène de la séduction, testés dans un grand nombre de films.

J'ai rarement été laissé tellement en haleine, frustré et en même temps consommé par une imagination chauffée à blanc. Ce texte, je vous le jure, est un des plus bandants que j'aie jamais eu le plaisir de lire. Et maintenant, veuillez m'excuser, je cours de ce pas remplir ma liseuse des autres textes de cette auteure incroyablement douée pour titiller l'imagination.

Le constat Couverture du livre Le constat
Nessa
Fiction / érotisme
auto-édition
15 juillet 2015
Fichier numérique (Kindle)
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Un accrochage en voiture, une rencontre due à un mauvais hasard, que l'on oubliera vite. Ou alors... un peu plus que ça ? Et si ce constat-là, cette rencontre-là, devenaient davantage qu'une simple feuille de papier ? Le tout, pour Ambre et Elodie, serait de ne pas laisser passer leur chance...