Ego & Sio, Les vacances de San­ti & Ana

ego, sio, Les Vacances de Santi & Ana
Les vacances de San­ti & Ana – L’in­dé­cence vous accueille !

Voi­ci une bande des­si­née que tout esti­vant avide d’a­ven­tures lit­té­raires et éro­tiques se doit d’emporter dans sa biblio­thèque por­ta­tive, Les vacances de San­ti & Ana. Et comme si un titre aus­si pro­met­teur ne suf­fi­sait pas, les bonnes gens de chez Dyna­mite ont pris le soin de choi­sir une cou­ver­ture des plus allé­chantes pour ôter le moindre doute quant à la pré­oc­cu­pa­tion prin­ci­pale de nos deux héros pen­dant les­dites vacances.

Cette cou­ver­ture, on peut dire qu’elle m’a fait un sacré effet rien que par sa déli­cieuse indé­cence. Mais contem­plez donc la pose de la jeune femme qui s’y pro­duit, cible de tous les regards par sa beau­té impu­dem­ment éta­lée et par l’ab­sence de tout décor sup­plé­men­taire, mise en relief par une énorme bor­dure d’un noir d’encre. Assise sur sa chaise, les cuisses grandes ouvertes, un télé­phone col­lé à l’o­reille et absor­bée par la conver­sa­tion avec son inter­lo­cu­teur incon­nu elle s’a­ban­donne à une indé­cence d’au­tant plus ban­dante qu’elle en semble incons­ciente. Mais c’est seule­ment quand le regard tombe sur un détail de la mise en scène qu’on se rend véri­ta­ble­ment compte qu’on est en train de s’ap­pro­cher d’un abîme de lubri­ci­té grouillant de tous les fan­tasmes. Contem­plez-moi donc ce bout de tis­su – un mou­choir ? – que la demoi­selle tient col­lé à son entre­jambe comme pour empê­cher le liquide de s’en échap­per pour venir souiller le siège sur lequel la jeune femme a posé son déli­cieux cul. Peu importe la situa­tion qui aura conduit la don­zelle à se pro­duire ain­si sous les regards des lec­teurs, ce des­sin est comme un concen­tré de l’é­ro­tisme pro­mis à qui a le cou­rage d’al­ler à la ren­contre de cette déesse de la chair. Et comme un éro­tisme si fran­che­ment avoué ne peut que séduire le San­glier, rien de plus nor­mal que d’en par­ler dans le meilleur des contextes, une Lec­ture esti­vale !

KISS Comix, couverture du numéro 182
La cou­ver­ture du numé­ro 182 du maga­zine éro­tique espa­gnol KISS COMIX.

Une toute petite remarque avant d’at­ta­quer ce si beau mor­ceau : À regar­der de près la chaise qui a le bon­heur d’ac­cueillir un cul aus­si appé­tis­sant, on se rend compte que c’est une chaise de bureau. Et ben, qu’on se dit, une chaise de bureau dans une BD cen­sée nous par­ler de vacances, qu’est-ce que c’est que ça ? J’ai été un peu éton­né quand j’ai com­pris que la demoi­selle rete­nue pour la cou­ver­ture est tout sim­ple­ment absente du récit consa­cré aux aven­tures éro­tiques de San­ti, d’A­na et de leur joyeuse bande de copains, copines. Elle est par contre l’héroïne épo­nyme d’une petite BD de juste quelques pages, NUR, qui a valu à son auteur, SIO, de gagner l’é­di­tion 2006 du concours de la bande des­si­née (« concur­so de cómic » dans son espa­gnol natal) lan­cée par le maga­zine éro­tique KISS COMIX où les planches en ques­tion furent publiée pour la pre­mière fois au mois de novembre 2006 dans le numé­ro 182. Et comme Nur est une étu­diante cen­sée pré­pa­rer ses exa­mens avant d’op­ter pour une autre occu­pa­tion, la chaise s’ex­plique faci­le­ment comme fai­sant par­tie du décor. Et vu à quel point la jeune étu­diante trans­pire l’é­ros, on s’ac­cor­de­ra à qua­li­fier le choix des col­la­bo­ra­teurs de Dyna­mite de tout sim­ple­ment – par­fait. Sur­tout quand on sait que les filles qu’on peut croi­ser dans les pages des Vacances de San­ti & Ana n’ont fran­che­ment rien à envier à leur compatriote.

À lire :
Anita Berchenko, Petites Morts en plein jour

Le récit de ces vacances com­mence avec un coup que je qua­li­fie­rais de « fou­droyant » plu­tôt que « de foudre » vu que le pro­ta­go­niste y reçoit un bal­lon en pleine gueule. Il est vrai pour­tant que le petit mal­heur est vite oublié face à la belle jeune femme qui s’a­mène pour deman­der par­don à la mal­heu­reuse cible du jeu à la baballe où elle s’est enga­gée avec la bande de gamins dont elle assure la garde « toutes les après-midi ».[1]Ego & Sio, Les vacances de San­ti & Ana, p. 3

Un bal­lon en pleine gueule. Les plus belles ren­contres s’a­morcent par­fois de façon aus­si inat­ten­due que dou­lou­reuse. Le lec­teur atten­tif aura d’ailleurs remar­qué que l’in­ter­jec­tion « Cui­da­do!!! » – Fais gaffe !!! – a échap­pé au traducteur.

Cet inci­dent marque le début d’une série d’a­ven­tures éro­tiques dans les­quelles les pro­ta­go­nistes épo­nymes sont rejoints – à moins de s’ef­fa­cer à leur pro­fit – par leurs amis et des copains / copines de cir­cons­tances croi­sées à la plage, l’es­pace par excel­lence d’un bras­sage des popu­la­tions venues de par­tout pour pro­fi­ter de la cha­leur et de l’a­ban­don tem­po­raire de toute notion d’in­ti­mi­té afin de nouer des contacts le plus sou­vent éphé­mères, mais d’au­tant plus intenses et – profonds.

À la plage avec Ego et Sio
À la plage avec Ego et Sio (p. 15)

La ren­contre ini­tiale des deux pro­ta­go­nistes – celle du bal­lon dans la figure – est très vite sui­vie par un contact plus intime quand San­ti croise une Ana bour­rée et quelque peu per­due, mais qui a gar­dé assez d’es­prit pour savoir ce qu’elle veut : se sen­tir rem­plie par la belle bite du beau gosse sur lequel elle a eu le bon­heur de tom­ber à l’im­pro­viste à peine quelques heures plus tôt. Mais la jeu­nesse, l’en­vie de pro­fi­ter de l’ef­fet bien­veillant du soleil sur les hor­mones et l’am­biance esti­vale qui réveille tous les appé­tits évitent à nos pro­ta­go­nistes – au moins dans un pre­mier temps – la bêtise de s’a­mou­ra­cher l’un de l’autre au point de vou­loir se pri­ver de toute cette belle faune atti­rée à la plage par les belles chairs qui s’y étalent sans la moindre pudeur et prêtes à éclore au pas­sage du pro­chain incon­nu. Le lec­teur, tom­bé dès les pre­mières pages sous le charme de la joyeuse fran­chise du des­sin d’E­go, assiste donc pour son plus grand bon­heur aux mul­tiples ren­contres qui se tissent à la trame de jour­nées enso­leillées et de nuits plus chaudes encore, et la bande de copains enchaîne les gali­pettes, pas­sant d’une paire de cuisses et de lèvres à une autre sans se poser des questions.

Mais tan­dis que tout le monde baise comme s’il n’y avait pas de len­de­main, quelque chose se trame entre les pro­ta­go­nistes. C’est bien pour cela que j’ai pris soin de pré­ci­ser « dans un pre­mier temps » dans le para­graphe pré­cé­dent. Tout ça est bien enten­du d’une par­faite bana­li­té – de jeunes gens se croisent dans l’am­biance insou­ciante des vacances et se découvrent des sen­ti­ments nés de la proxi­mi­té phy­sique – mais Ego et Sio en ont pro­fi­té pour en tirer un cha­pitre où les expli­ca­tions entre San­ti et Ana suite à une crise de jalou­sie sont jux­ta­po­sées à une scène tor­ride de baise impli­quant Toni – un peu le vilain canard de la bande, mais ô com­bien bien mon­té – et Esther. Et c’est fran­che­ment un des moments les plus forts de la BD quand on voit, d’un côté et en gros plan, la bite de Toni inves­tir la chatte d’Es­ther, tan­dis que San­ti, de l’autre, se décom­pose sous les reproches d’Ana.

Quand Ana ren­contre la queue de San­ti – l’en­vie et la lubri­ci­té ont enfin un visage…

Après, il y aura encore d’autres épi­sodes, d’autres ren­contres et des orgasmes à n’en plus comp­ter, et au final chaque membre de la petite « bande à quatre » aura trou­vé son bon­heur. Un bon­heur qui, dans le cas de San­ti, prend fina­le­ment des teintes mélan­co­liques avec la fin inévi­table des vacances qui voit les deux pro­ta­go­nistes se sépa­rer. Mais comme toutes les occa­sions sont bonnes pour une par­tie de jambes en l’air, Ana et San­ti scellent celle-ci par un orgasme d’une rare inten­si­té. Que je vous laisse décou­vrir par vous-mêmes, mes chères lec­trices / chers lec­teurs. Par contre, je ne peux ter­mi­ner ce petit article sans vous don­ner un aper­çu de la fri­mousse d’A­na qui exprime un rare goût pour la queue et les plai­sirs qu’elle espère en tirer.

À lire :
Lectures estivales 2017 – appel à textes

Les vacances se ter­minent, San­ti et Ana rentrent dans leurs chez eux res­pec­tifs, riches de leurs sou­ve­nirs par­ta­gés et déchi­rés par une sépa­ra­tion dont per­sonne ne sait si elle sera finale ou tem­po­raire. Encore que… La der­nière case de la BD est acca­pa­rée par les deux auteurs eux-mêmes qui y donnent le résu­mé de ce qui vient de se pas­ser. Un résu­mé qu’on peut en même temps com­prendre comme l’an­nonce d’a­ven­tures ultérieures :

L’é­té a pris fin et avec lui éga­le­ment, les aven­tures de nos pro­ta­go­nistes. C’est la fin du début d’une grande aven­ture pleine de sexe, de pas­sion, de jalou­sie, convoi­tises…[2]Les vacances de San­ti et Ana, p. 75

« La fin du début »… Mal­heu­reu­se­ment, les deux com­pères ont pris soin de pré­ci­ser – et dans la même bulle – que « cela ne sera pas pour tout de suite ». Et quand on sait que le récit des Vacances de San­ti & Ana a été ini­tia­le­ment publié en douze épi­sodes entre les mois de décembre 2006 et celui de novembre 2007 (ce qui cor­res­pond aux numé­ros 183 à 194 du maga­zine Kiss Comix), on constate qu’il n’y a que très peu d’es­poir de voir un si beau récit se pour­suivre. Autre détail peu ras­su­rant : Ego et Sio ont tenu, cha­cun de son côté, un blog cou­vrant la période qui nous inté­resse, mais on n’y trouve que très peu de men­tions à pro­pos du pro­jet rela­tif à San­ti et Ana, à peine quelques petites entrées de la part de Sio qui se féli­cite pour la publi­ca­tion dans un maga­zine renom­mé comme Kiss Comix. Après, il n’y a plus que silence. C’est dom­mage, mais on aura au moins eu la chance de décou­vrir leur uni­vers si joyeu­se­ment impu­dique grâce aux efforts de Dyna­mite et de l’é­quipe de Nico­las Cas­te­let. Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous sou­hai­ter un « Bon voyage ! »

Ego & Sio, Les Vacances de Santi & Ana

Ego & Sio
Les vacances de San­ti & Ana
Dyna­mite
ISBN : 9782382091012

Réfé­rences

Réfé­rences
1Ego & Sio, Les vacances de San­ti & Ana, p. 3
2Les vacances de San­ti et Ana, p. 75