L’Art et la beauté – clin d’œil à mes amis artistes

Cela fait un certain temps que je vous parle Art plutôt que Littérature. Je ne saurais donner les raisons exactes de cet engouement, toujours est-il que je passe volontiers des heures et des heures sur les sites dédiés à l’Art où je reste en apnée pendant des heures à admirer les merveilles qu’on y expose. Pour vous donner ne fût-ce qu’un aperçu de ce qui me fascine, je vous mets une capture de ma page d’accueil sur DeviantArt où sont rassemblés quelques-uns des dessins que je viens d’ajouter à mes favoris. En l’occurrence, vous y trouverez réunis  Brandoch-Daha (nom de crayon de Jeffrey M. Bain), Cheunchin (un nom qui devrait être accueilli avec une certaine bienveillance de la part de mes lecteurs, Cheunchin étant un des illustrateurs attitrés de votre serviteur) et Anthony Billings. Trois artistes séparés par des milliers de kilomètres (d’Amérique du Nord au Thaïlande), mais réunis par la pulsion de créer, par l’appel de la beauté et par la recherche des moyens pour se montrer à la hauteur de la tâche. Et voici une des beautés de la toile tellement décriée par certains : Elle offre un espace sans bornes où le virtuel devient une dimension supplémentaire de l’expérience humaine et s’empare en retour de notre réalité pour la modifier en profondeur.

Impression artistique - ma page d'accueil de chez DeviantArt
Impression artistique – ma page d’accueil de chez DeviantArt

Parmi les artistes présents dans cette capture d’écran – instant gelé qui sera bientôt modifié par des choix futurs – il y en a un que je voudrais faire sortir du tableau pour le présenter aux visiteurs de la Bauge, à savoir Brandoch-Daha. Avec quatre des six dessins visibles, c’est à lui que revient la part du lion, ce qui ici est moins un jugement de qualité que le résultat de plusieurs heures passées dans sa galerie, un espace qui permet au visiteur de remonter dans le temps et de passer en revue l’œuvre de plusieurs années. Il est fascinant de revenir ainsi en arrière pour suivre, dessin par dessin, un développement en grande partie exprimé par le choix des sujets et documenté par une suite de dessins où l’on voit l’artiste tantôt prendre de l’élan pour essayer une nouvelle approche et pousser plus loin ses recherches, tantôt hésiter et reculer pour s’engager dans d’autres voies plus prometteuses. Jeffrey M. Bain – qui a choisi comme pseudonyme le nom d’un personnage issu de l’univers fantastique d’un dénommé Eric Rücker Eddison, auteur du roman fantastique The Worm Ouroboros, lointain prédécesseur du Seigneur des Anneaux, paru en 1922 et placé comme le chef d’œuvre de Tolkien dans un monde à la croisée des influences scandinaves et médiévales – Jeffrey a donc opté pour un style qui rappelle l’aquarelle avec ses couleurs se fondant les unes dans les autres, dans un effort de noyer les frontières dans un flou vibrant, conférant aux personnages un caractère indécis – transcendant – qui permet à ceux-ci de mieux s’intégrer à la scène, jusqu’à disparaître dans un décor aussi envahissant que discret. Démonstration magistrale de ce style effacé aussi bien qu’efficace, voici un de ses tableaux plus récents où le scintillement des contours produit un effet des plus invraisemblables, comme une transparence en trois dimensions, à la façon de ces images magiques qui créent l’impression de profondeur selon l’angle de vue :

Brandoch-Daha, Tifa. D'après Tifa cosplay, photo de Val-Raiseth.
Brandoch-Daha, Tifa. D’après Tifa cosplay, photo de Val-Raiseth.

Ce tableau est réalisé d’après une photo, procédé très souvent utilisé par Brandoch-Daha qui y montre à quel point la peinture sait rendre plus subtils les effets de la photographie – à laquelle elle doit pourtant l’inspiration originelle. Un moyen d’assister, pratiquement en direct, à une sorte de paragone des Arts où ceux-ci, au lieu de décerner la palme à l’un d’entre eux, mettent en lice leurs capacités respectives qui en sortent transfigurées et – dans le meilleur des cas – grandies.

Brandoch Daha, Portrait de jeune fille
Brandoch Daha, Portrait de jeune fille

Si le nu est un des points forts de l’artiste canadien (qui semble avoir un certain faible pour les culs bien en chair), on ne saurait négliger les portraits dont sa galerie contient quelques très beau spécimens, comme le Portrait d’une jeune fille qui, de l’aveu même de l’artiste, est plutôt un passe-temps qu’un exercice sérieux, mais qui néanmoins rend hommage au savoir-faire du dessinateur qui a su allier un regard clair et alerte à des lèvres pulpeuses, mais étrangement dépourvue de toute sensualité. On peut se demander si les effets obtenus par l’usage d’un effet papier ne nuisent à la sobriété du dessin, mais l’économie des traits qui le disputent au foisonnement de la riche chevelure porte un beau témoignage au talent de Brandoch-Daha. Un artiste que je vous invite à découvrir.

Pour les plus curieux – et dans un souci de justice – je vous indique les titres des dessins représentés dans la capture d’écran ainsi que les noms des artistes respectifs, le tout pourvu de liens pour accéder à la page du tableau présenté.

En haut, de gauche à droite :

En bas, de gauche à droite :

Pachu Torres, Afterimage
Pachu Torres, Afterimage

Pour terminer en beauté, je vous annonce une présentation à venir, celle d’un dessin signé Pachu Méndez Torres, Afterimage. Pachu est un artiste espagnol (décidément, la péninsule ibérique est un immense réservoir à talents !) qui manie ses outils d’une main de maître, ce qui lui a valu de collaborer au Playboy depuis l’année passée. Je viens d’acquérir un de ses dessins dont l’érotisme conquérant m’a aussitôt séduit, un dessin que je suis fier d’exposer ici pour la première fois.

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