His­toire de cul – entre sexe et vio­lence

Écrire un texte, c’est bien. Le publier, c’est comme se retrou­ver dans un autre uni­vers. Assis­ter au réveil de la bête, rece­voir les com­mu­ni­ca­tions des info­gra­phistes, de direc­trices régio­nales et d’ou­vrage, échan­ger des mails à pro­pos de telle ou de telle autre struc­ture gram­ma­ti­cale, jus­ti­fier l’u­sage de tel mot, l’o­sé de telle scène, dis­cu­ter de la cré­di­bi­li­té d’un per­son­nage et de sa com­pa­ti­bi­li­té avec tel trait de carac­tère… Un pro­cé­dé enri­chis­sant, et qui sert à se remettre en ques­tion. C’est ce qu’il me faut pour avan­cer.

François Boucher, Louise O'Murphy
Fran­çois Bou­cher, Louise O’Mur­phy. Un beau der­rière… mais faut-il pour­tant par­ler d’his­toire de cul ?

Mais là, je suis en train de tra­vailler sur un aver­tis­se­ment dont il faut appa­rem­ment faire pré­cé­der le roman pour mettre en garde les âmes trop sen­sibles. Il est vrai, et cha­cun peut faci­le­ment s’en rendre compte en par­cou­rant quelques cha­pitres de l’A­ven­ture de Natha­lie (« Les corps qui s’aiment » ou sur­tout « incan­ta­tion »), qu’il y a des scènes éro­tiques voire por­no­gra­phiques dans le roman. Ce qui m’é­tonne pour­tant, c’est que la vio­lence passe, tan­dis que le sexe, il faut le jus­ti­fier. Bizarre quand-même, non ? L’a­mour cho­que­rait donc plus que la guerre ? Tout le monde demande des romans poli­ciers de plus en plus crus, vio­lents, des vic­times tou­jours plus muti­lées, des crimes tou­jours plus atroces, mais les abîmes d’un vagin son­dé, le goût de la mouille d’une femme en extase, un pénis pro­fon­dé­ment ava­lé, cela ferait refu­ser un auteur ? Drôle de monde, quand-même. D’où cette peur de notre côté phy­sique ? Est-ce la mort sous-jacente, sour­noise, qui s’at­tache à cette idée-là ? Qu’on essaie­rait de refou­ler en s’at­ta­chant à tout ce qui s’é­lève au-des­sus de la soi-disant boue dans laquelle nous traî­nons nos membres ?

Dites-moi, chers lec­teurs, chères lec­trices, dites-moi !

PS – Je viens d’ap­prendre que l’A­ven­ture de Natha­lie paraî­tra début octobre 🙂