Anne Dézille, Les cares­ses

Voi­ci donc le troi­siè­me épi­so­de du feuille­ton d’Anne Dezille, Mar­ga­ret et ses filles, dont le titre s’annonce aus­si doux que pro­met­teur : Les cares­ses.

Je me suis pro­mis, le pre­mier épi­so­de à pei­ne ter­mi­né, de fai­re l’acquisition, au fur et à mesu­re des paru­tions, des dou­ze épi­so­des annon­cés de cet­te saga pas­sion­nan­te où qua­tre fem­mes racon­tent leurs déboi­res sen­ti­men­ta­les qui, s’ils ne ren­trent pas pré­ci­sé­ment dans les nor­mes, feront les déli­ces des lec­teurs et – peut-être plus enco­re ? – des lec­tri­ces. Entre Mar­ga­ret, la cou­gar de 55 ans, et Faus­ti­ne, la ben­ja­mi­ne avec ses dix-sept prin­temps, se déploie tou­te une fau­ne fémi­ni­ne où fri­gi­di­té rime avec déflo­rai­son, et où l’amour déses­pé­ré de l’une cor­res­pond aux dési­rs ardents de l’autre de cocu­fier son copain de façon aus­si sys­té­ma­ti­que que répé­tée.

Je n’ai pas l’intention de me fen­dre d’un arti­cle cha­que fois que l’éditeur sort un nou­vel épi­so­de, mais je ne vais pas me pri­ver non plus du plai­sir de par­ler des temps forts de ce feuille­ton qui est déjà près, mine de rien, d’entamer le deuxiè­me tiers du nom­bre de volu­mes pré­vu. Après le deuxiè­me épi­so­de, dont le méri­te prin­ci­pal a été de cam­per plus soli­de­ment les per­son­na­ges, de les ren­dre plus humains1, le troi­siè­me abor­de, pour le plus grand plai­sir du San­glier, les péri­pé­ties éro­ti­ques, ima­gi­nai­res et autres, du qua­tuor fémi­nin. Tan­dis que Faus­ti­ne se voit déjà, avec tou­te la ver­ve de son ima­gi­na­tion d’adolescente, com­blée entre les bras de son pro­fes­seur de pia­no, et que Vanes­sa fait une ren­con­tre dont le poten­tiel éro­ti­que ris­que de la fai­re sor­tir du droit che­min de la fri­gi­di­té et du devoir, Jane et Mar­ga­ret réus­sis­sent des tours de for­ce culi­nai­res.

Anne Dezille maî­tri­se l’art de tenir le lec­teur en halei­ne, et elle le mani­pu­le habi­le­ment grâ­ce au jeu des pers­pec­ti­ves, en don­nant la paro­le, à tour de rôle, à cha­cu­ne de ses pro­ta­go­nis­tes, dévoi­lant jus­te assez des intri­gues qui se croi­sent et s’embrouillent pour fai­re devi­ner les bas-fonds où manœu­vre un équi­pa­ge qu’on ima­gi­ne constam­ment près de fon­cer dans un ice­berg ou une île de la côte ita­lien­ne. Et je vous assu­re que, avec Anne Dezille et sa joyeu­se ban­de, on n’est jamais à l’abri, même au bout de la qua­triè­me livrai­son, d’une sur­pri­se ou d’un tour inat­ten­du des évé­ne­ments. Affaire(s) à sui­vre !

Anne Dezille, Les CaressesAnne Dezille
Les cares­ses
Les Éro­ti­ques by Léa
ISBN : 978–2-919071–40-1

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  1. ou, pour le dire avec les mots de ma consœur Cho­co­lat­Can­nel­le : « les per­son­na­ges sem­blent moins lis­ses, plus com­plexes qu’au pre­mier abord ». []

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