Pierre Isi­dore Bureau – une absence (ces Impres­sion­nistes qu’on oublie, part II)

Pierre Isidore Bureau, La Route
Pierre Isi­dore Bureau, La Route

Qu’est-ce que l’im­pres­sion­nisme ? Tout le monde connaît (et uti­lise) le terme, et quelques noms se pré­sentent aisé­ment quand la conver­sa­tion touche à ce cou­rant de la pein­ture du XIXe siècle. Monet, Bazille, Renoir, Sis­ley, Degas, Cézanne, Mori­sot. Pour­tant, il n’y a jamais eu d”  »école » impres­sion­niste. Ni de doc­trine fixée par écrit et jetée à la face de la pein­ture aca­dé­mique, dite de Salon. Il y a eu un groupe d’ar­tistes qui se sont ren­con­trés à Paris, dans l’a­te­lier de Gleyre d’a­bord, et qui ont conti­nué à se fré­quen­ter et à tra­vailler ensemble pen­dant des décen­nies. S’il y des exemples d’un « style » et d’une fac­ture remar­qua­ble­ment proche (au point que Monet et Renoir, qui se sont amu­sés à peindre le même sujet, l’un à côté de l’autre, ont eu, plus tard, des doutes quant à l’at­tri­bu­tion de ces tableaux), il y a aus­si d’im­por­tantes diver­gences : Degas, p.ex. n’a jamais vou­lu tra­vailler en plein air, et Cézanne ne rentre pas vrai­ment dans quelque caté­go­rie que ce soit.

Il y a pour­tant des rai­sons qui peuvent expli­quer cette volon­té de vou­loir éta­blir une école, un groupe, un cou­rant « impres­sion­niste ». Tout d’a­bord, des cri­tiques d’art ont très tôt par­lé de l’é­cole de Bati­gnolles pour dési­gner un groupe d’ar­tistes qui s’est for­mé autour de Manet et qui a été oppo­sé à l’art « offi­ciel » (contrai­re­ment à Manet lui-même, qui a tou­jours vu le Salon comme le seul moyen d’ar­ri­ver). Et puis, il y a l’acte « fon­da­teur » qui a don­né nais­sance au terme même qui, depuis, désigne ce groupe de quelques peintres qui a consi­dé­ra­ble­ment chan­gé le cours de l’his­toire de la pein­ture depuis, à savoir l’ex­po­si­tion de la « SOCIÉTÉ ANONYME DES ARTISTES PEINTRES, SCULPTEURS, GRAVEURS, ETC… » en 1874, mieux connu comme la pre­mière expo­si­tion des impressionnistes.

À lire :
L'automne des expositions : des regards sur la France
Bureau Pierre-Isidore - Clair de lune sur les bords de l'Oise, à L'Isle-Adam
Bureau Pierre-Isi­dore – Clair de lune sur les bords de l’Oise, à L’Isle-Adam

Je ne vou­drais pas vous embê­ter avec trop de détails, mais il fal­lait poser quelques jalons avant d’in­tro­duire le per­son­nage auquel est dédié cet article. Pierre Isi­dore Bureau a fait par­tie des artistes qui ont expo­sé, aux côtés des célèbres che­vaux de bataille (en même temps orga­ni­sa­teurs de cette expo­si­tion), dans l’an­cien ate­lier de Nadar. Il a contri­bué quatre tableaux, dont je vous indique les numé­ros réper­to­riés dans le cata­logue (repro­duit sur le site nadar 1874 .net.

  • 33. Le clo­cher de Jouy-Comte.
  • 34. Près de l’é­tang de Jouy-le-Comte.
  • 35. Bords de l’Oise (Isle-Adam), Clair-de-lune.
  • 35 bis. Clair-de-Lune.

Il est dif­fi­cile de trou­ver des res­sources sur la toile trai­tant de cet artiste à peu près oublié. La base de don­née des musées fran­çais, Joconde, recense quatre tableaux, répar­tis dans trois musées mineurs :

  • Clair de lune sur les bords de l’Oise, à l’Isle-Adam, au musée Louis Sen­lecq à L’Isle Adam (date d’exé­cu­tion : 1867)
  • La Route, conser­vé au même endroit
  • Le che­min mon­tant, qui se trouve à Beau­vais, au musée dépar­te­men­tal de l’Oise
  • la Plage de Dieppe, déte­nu par le Châ­teau-Musée de la ville éponyme
BUREAU Pierre Isidore, Plage de dieppe
BUREAU Pierre Isi­dore, Plage de Dieppe

Ce n’est pas beau­coup. Et l’ab­sence de data­tion plus exacte pour les trois der­niers tableaux témoigne du peu d’in­té­rêt des his­to­riens de l’art… Une recherche sur Google donne un résul­tat de 7 (!) pauvres pages où se trouvent sur­tout des liens vers deux de ces tableaux, « la Route » et « Clair de lune » (le tableau de l’ex­po­si­tion de 1874). Ensuite, mau­vaise sur­prise, Wiki­pe­dia ne connaît pas du tout cet artiste, sauf dans sa qua­li­té d’an­cien rési­dant de la com­mune de Par­mains (dans l’Oise, vous l’au­rez devi­né). Il fau­drait donc se rendre dans des biblio­thèques « ana­logues » pour en savoir davan­tage à pro­pos de cet « impres­sion­niste » occulte. Le pro­blème, c’est le peu de temps dont je peux encore dis­po­ser pour ce genre de recherche. De l’autre côté, la ville de Cologne pos­sède une biblio­thèque dédiée à l’his­toire de l’art où on va à coup sûr pou­voir trou­ver quelque chose. Je vais donc voir si je peux arran­ger une petite excur­sion dans les locaux de cette ins­ti­tu­tion pres­ti­gieuse, mais en atten­dant, je vous donne à contem­pler les tableaux que j’ai pu trou­ver. Dites-moi ce que vous en pen­sez, et je serai peut-être plus moti­vé pour faire un petit effort ;-)

À lire :
Connaissez-vous Mariette Lydis ?

PS – j’ai d’ailleurs décou­vert cet artiste à tra­vers une illus­tra­tion dans un très beau livre des édi­tions Taschen : L’im­pres­sion­nisme (ISBN : 978–3822850503). À recommander !

5 Comments

  1. Très inter­es­sé par cet article
    Je pos­sède un tableau de P.I bureau qui repré­sente une route d’en­trée dans un vil­lage, de nuit (?) , avec à droite,un mur et le pignon une habi­ta­tion ; à gauche , une habitation.
    Sur la route on aper­çoit, en début d’ar­rière plan, une sil­houette fèmi­nine, et en arrière plan, une sil­houette mas­cu­line et un chien. En pre­mier plan, un coq et des poules
    Tableau sombre

  2. Dom­mage, je n’ai pas reçu de nou­velles de la part de ce com­men­ta­teur inté­res­sant, mal­gré un mail envoyé il y a quelques semaines. Il a peut-être été per­du dans le dos­sier Spam ? J’ai­me­rais voir ce tableau, sérieusement.

  3. Bon­jour

    Je suis le pro­prié­taire du tableau objet de votre cour­riel du 4 juin 2011

    J’au­rais aimé savoir si vous aviez pro­gres­sé dans vos recherches sur Pierre Bureau

    Avec mes remerciements

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