Petit retour sur la por­ta­ti­vi­té en littérature

N’at­ten­dez rien d’im­pres­sion­nant, chers amis lec­teurs, de ce tout petit article dont le sujet m’a été ins­pi­ré par le livre que je suis en train de lire : abré­gé d’his­toire de la lit­té­ra­ture por­ta­tive, d’Enrique Vila-Matas.

un train peut en cacher un autre
Cré­dit pho­to­gra­phique : Die­go BIS, 2011.

Avant de conti­nuer sur ma lan­cée, per­met­tez que je m’a­dresse, pen­dant un tout petit ins­tant, à ceux qui hantent les quais de gares. Vous connais­sez sans aucun doute ce pan­neau qui met en garde le voya­geur impru­dent contre les dan­gers du tra­fic fer­ro­viaire : « Un train peut en cacher un autre » ? Et ben, il en est de même en lit­té­ra­ture. Un livre en cache un autre, et der­rière la lec­ture du récit des aven­tures « shan­dys » on trouve les Trois sur­prises à bord du Bahn­hof Zoo, livre très récent de Manuel Pio­lat Soley­mat, qui relate une sor­tie peut-être inopi­née, peut-être mor­telle, peut-être for­tuite, qui sait ? Celle de la belle Léonce Jans­sen en l’oc­cur­rence, mais ceci est une autre his­toire, vers laquelle je revien­drai dans un autre billet.

Je disais donc, la por­ta­ti­vi­té… Les shan­dys se carac­té­risent par plu­sieurs cri­tères, mais la volon­té de tout réduire à l’é­tat minus­cule, por­ta­tif, est à la base de leur socié­té secrète. C’est pour cela que, voya­geurs invé­té­rés, ils sont insé­pa­rables de leurs mal­lettes où est sto­ckée l’in­té­gra­li­té de leurs œuvres. Le livre de Vila-Matas a été publié en 1983, une dizaine d’an­nées donc avant la pre­mière vague de l’in­va­sion de nos bureaux par des ordi­na­teurs de tout poil, et une ving­taine d’an­nées, à peu près, avant l’ar­ri­vée des clés USB, deve­nues depuis le syno­nyme du sup­port por­ta­tif à peu près inépui­sable, bon mar­ché et assu­ré de fonc­tion­ner dans n’im­porte quelle confi­gu­ra­tion. En bran­chant la mienne aujourd’­hui, je me suis deman­dé ce qu’au­raient pen­sés les shan­dys d’un tel jou­jou ? Une chose est sûre : Moi, qui ai pris l’ha­bi­tude de tra­vailler un peu par­tout (musée, tram, train, pause au bou­lot, parc près des bords du Rhin, et j’en passe), sans cette inven­tion-là, mon écri­ture serait très différente.

La littérature portative à l'aube du XXIe siècle
La lit­té­ra­ture por­ta­tive à l’aube du XXIe siècle

PS : Est-ce que j’ai enten­du quel­qu’un rica­ner et mur­mu­rer : « et peut-être meilleure aussi » ?