Pas­cal Mar­met, Le roman du café

Avec ce roman, il n’y a pas la moindre ambigüi­té, et ce dès le départ : Le pro­ta­go­niste du livre est bien – le grain de café. Et pour tous ceux qui n’au­raient pas été mis sur la bonne piste par le titre pour­tant peu équi­voque, la page de cou­ver­ture pré­sente des grains de café en abon­dance. Cela n’empêche pas tou­te­fois la pré­sence d’une intrigue, mais celle-ci a du mal à s’im­po­ser à côté des pas­sages qui racontent le café, ses ori­gines, ses ter­roirs, ses arômes, les meilleures façons de le consom­mer. Et je dirais même que cela est tant mieux, vu que l’in­trigue pré­sente un cer­tain manque de pro­fon­deur (si ce n’est plu­tôt un manque cer­tain…) : Julien, orphe­lin aveugle, gran­dit auprès de son grand-père tor­ré­fac­teur. Inutile de pré­ci­ser qu’il apprend le café dès le ber­ceau. Viré pour cause de lèse-majes­té (« Nes­pres­so aus­si fait du bon café. »), il se retrouve à la rue. Accueilli par son amie Johan­na, il pro­fite de sa liber­té octroyée pour ini­tier sa com­pagne de mal­heur à l’art de débus­quer et de dégus­ter les meilleurs jus à Paris. Dopé par trop de caféine, il conçoit le pro­jet de se rendre au Bré­sil pour visi­ter une plan­ta­tion. Il y apprend des détails de sa prime jeu­nesse tan­dis que Johan­na, enga­gée pour lui ser­vir d’o­reille, se paie une ran­don­née (mal accom­pa­gnée) au Cos­ta Rica. Quelques déboires et des litres de jus plus tard, le couple retrouve ses pénates, pour­vu d’une somme ron­de­lette lais­sée par le grand-père qui a eu la sagesse de leur lais­ser la route libre en cre­vant de façon fort opportune.

Bon, on peut conce­voir qu’une telle intrigue n’est pas de celles qui font le bon­heur du San­glier. Mais cela n’a aucune impor­tance vu que l’in­ten­tion de l’au­teur n’a visi­ble­ment pas été d’é­crire le meilleur polar du siècle ou de rem­por­ter la palme du roman psy­cho­lo­gique en adres­sant les états d’âme des aveugles au chô­mage. Non, il s’est agi, pour l’au­teur, d’ex­pri­mer son amour du café, et le roman prouve qu’il est lar­ge­ment à la hau­teur de ce défi. Au bout d’une cin­quan­taine de pages, je me suis retrou­vé sur la toile, le groin four­ré dans les manuels de la meilleur pré­pa­ra­tion du café, à la recherche des adresses des tor­ré­fac­teurs de Cologne… Et je peux dire que le breu­vage que je me pré­pare chaque matin se res­sent déjà de ce que j’ai pu décou­vrir suite à ces études ! Si vous avez donc envie d’en apprendre des nou­velles à pro­pos de votre bois­son pré­fé­rée, pré­sen­tées sans la moindre pédan­te­rie et d’une écri­ture agréable, ce livre est pour vous.

Pascal Marmet, Le roman du caféPas­cal Marmet
Le roman du café
Édi­tions du Rocher
ISBN : 978–2268075815