Hugo von Haber­mann – le « Pan­op­ti­kum » revisité

Je viens de me rendre compte que j’ai oublié de vous par­ler d’un tableau qui, pour­tant, m’a beau­coup impres­sion­né quand je l’ai vu pour la pre­mière fois, un peu per­du au milieu de ce cha­ri­va­ri de toiles qui se dis­pu­taient l’at­ten­tion du visi­teur dans l’es­poir d’ob­te­nir une place à la lumière de l’ex­po­si­tion permanente.

Expo « Panoptikum », Hugo von Habermann, Nu au manteau rouge
Hugo von Haber­mann, Nu au man­teau rouge, 1917, Musée Wall­raf-Richartz de Cologne

C’é­tait, fait qui ne sau­rait éton­ner l’ha­bi­tué de ces pages, un nu, que je pla­çai, avec le peu d’as­su­rance à laquelle mon regard peut pré­tendre, dans les pre­mières années du XXe siècle. J’ai pris une pho­to – plu­tôt approxi­ma­tive, vu la dis­tance et la très mau­vaise illu­mi­na­tion – et j’ai noté le nom dans mon car­net élec­tro­nique : Hugo von Haber­mann, nom que je n’a­vais jamais, au grand jamais, enten­du pro­non­cer auparavant.

Depuis, j’ai fait quelques recherches, et j’ai décou­vert quelques tableaux qui me paraissent sous-esti­més et qui méri­te­raient d’être mieux connus des ama­teurs. En plus, sur le site qui lui a été dédié par la spé­cia­liste Sabine Scheele, j’ai pu retrou­ver le nu en ques­tion avec la men­tion : « Lieu de conser­va­tion incon­nu ». J’en ai pro­fi­té pour envoyer un mail à l’a­dresse indi­quée dans l’es­poir de pou­voir contri­buer un tant soit peu à éclair­cir une ques­tion res­tée sans réponse jusque-là.

En atten­dant, juste une petite anec­dote qui pour­rait inté­res­ser un public fran­co­phone : Né en 1849, Hugo von Haber­mann a dû par­ti­ci­per à la guerre Fran­co-Alle­mande de 1870. En 1871, ren­tré en Bavière, il fut char­gé de s’oc­cu­per des peintres qui vou­laient faire le por­trait des pri­son­niers de guerre, déte­nus à la for­te­resse d’In­gol­stadt. Je n’ai jamais enten­du par­ler d’un tel épi­sode, et je ne connais aucun por­trait issu de telles séances, mais cela me semble un pro­jet qu’il serait inté­res­sant de réaliser.

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Voi­là, c’est fait, j’ai ajou­té un tableaux à la série de ceux que j’aime pré­sen­ter aux « hap­py Few » qui daignent me rendre visite de temps en temps, et j’es­père beau­coup que j’ai réus­si à vous entrou­vrir une porte vers un monde qui reste lar­ge­ment à décou­vrir. Vous n’a­vez plus qu’à la pousser :-).