Voici plus d’un an que j’ai parlé de Gianluca Maconi pour la première fois, à l’occasion de la sortie du premier tome de sa série Connie la Barbare. Entre-temps, trois autres volumes ont vu le jour, et j’ai eu grande envie de replonger dans l’ambiance si particulière et si hilarante des aventures de la jeune barbare. Celle-ci, après avoir donné de son mieux – et surtout de son corps – pendant son séjour au royaume du Transistan, a repris la route du Nord, Une route où elle se frottera contre le Comte de Tencula et aura toutes les peines du monde à déjouer les sombres dessins de ce sinistre personnage sur ce qu’elle a de plus précieux.
Avant de vous parler du Comte et de ses aventures entre les cuisses de Connie, je tiens à réparer un tort commis dans mon premier article consacré au Sieur Maconi. J’y avais écrit que
« Gianluca Maconi n’a[vait] pas d’antécédents érotiques, Connie La Barbare étant sa première excursion dans le domaine« 1
Mais, belle surprise, j’ai découvert qu’il fallait revenir sur cette affirmation erronée ! Parce que c’est au cours de mes recherches renouvelées pour préparer l’article que vous êtes en train de lire que j’ai trouvé un blog nommé EKIDNA dans lequel Gianluca a eu l’habitude de parler avec une belle régularité de ses activités artistiques entre avril 2007 et mai 2013. Et je peux vous assurer qu’il y a laissé un grand nombre d’articles qui pourront fournir ample matière à réflexion et à recherche si jamais quelqu’un s’intéressait de plus près au personnage et à la genèse de ses bandes dessinées.
Gianluca y parle entre autres affaires de la série de bandes dessinées Metiterranea, réalisée en collaboration avec Alessandro Cenni (scénariste), Barbara Ciardo (coloriste) et Alessia Nocera et initialement publié en 2008 chez l’éditeur napolitain GG STUDIO2. Ayant disparu des rayons de celui-ci, on ne trouve plus l’album que sur des sites de revente comme Ebay. Ce qui est dommage puisqu’il y est question, toujours selon Maconi, de tant de belles choses :
Ed ho mancato di riportare l’uscita del secondo albo di Mediterranea : Ora sono al lavoro sul terzo che vede ai testi il mitico Alex Crippa. E parte con un’insalata di cosce, culi, tette e azione da far gridare al miracolo persino Sgarbi.3
Et comme vous pouvez le constater, la couverture donne franchement envie d’attaquer la lecture afin de pouvoir rejoindre une aussi belle créature à l’érotisme serpentin dans des eaux méditerranéennes d’une spectaculaire limpidité. Et bien sûr pour aussi et surtout y retrouver toutes ces « cuisses, culs et nichons » dont l’auteur nous parle avec une restreinte tellement admirable…
Depuis ses aventures méditerranéennes, Gianluca a très clairement renoué, avec la série consacrée à Connie la Barbare, avec le genre érotique que, cette fois-ci, il explore à fond, à l’image de toutes ces bites qui investissent avec un plaisir non mitigé les trous qui se présentent à pratiquement chaque bout de champ, et peu importe le genre des propriétaires respectifs.
Il faut pourtant se résoudre à quitter la chaleur des contrées méditerranéennes pour tenir compagnie à notre barbare préférée qu’on retrouve dans les paysages enneigés et glaciaux de l’Empalachie où nous la voyons en train de passer au milieu des gardiens de la ville dans l’espoir d’y trouver un abri pour la nuit. Le fait que les vigiles sus-mentionnés sont, au lieu de veiller sur la ville, en train de vigoureusement s’enculer peut expliquer qu’ils ne sont pas à la hauteur de leur tâche. Une distraction qui permettra à Connie de poursuivre une route qui la mènera tout droit au château du Comte éponyme.
Et voici que les dés sont jetés et que Connie vivra un des épisodes plus chauds de toute la série. Entre les bras d’une créature qui n’hésitera pas, dans la droite lignée du comte rendu célèbre par les soins d’un Bram Stoker, à lui faire sentir la dureté se son épieu jusqu’au fond des entrailles.
À propos d’entrailles, il y a, tout juste après l’arrivée de Connie au château du Comte de Tencula, un bel épisode qui permet de montrer la belle barbare en plein émoi, en train de se faire défoncer sans qu’une bite, une lange ou une paire de lèvres obstrue la vue. Ce qui est l’astuce des galipettes avec une créature invisible. Astuce qui permet au dessinateur de se donner à fond et de montrer les orifices béants de ses sujets, tels des gouffres d’un beau rouge foncé, les parois gonflés de sang par l’envie et l’orgasme imminent. Une intimité à nulle autre pareille.
Après l’escapade avec le fantôme, l’heure du Comte a finalement sonné, et celui-ci se présente avec un véritable coup de tonnerre – en croquant à pleines dents la chatte juteuse de la belle Connie. Et comme il s’agit bien là d’un vampire, vous aurez compris qu’il faut prendre cette expression au premier degré. On apprendra un peu plus tard que notre barbare sentait déjà approcher ses ragnagnas – et elle n’était sans doute pas la seule à sentir dans l’air comme une petite odeur de sang.
C’est à l’issue de cette petite mise en bouche que Connie est conviée au salon pour y assister au festin. Évidemment sans avoir la moindre idée qu’elle y était prévue comme plat de résistance pour nourrir la maisonnée vampirique. À propos de maisonnée – il faut préciser que Gianluca a profité d’un des détails les plus alléchants de la tradition vampirique telle qu’elle est conservée par un Stoker ou un Coppola, à savoir la présence des trois « épouses de Dracula » qui attirent le jeune Jonathan dans leur couche pour l’y consumer à leur guise. Et sans doute pour y profiter d’autres détails de son anatomie. Dans l’univers de Connie, ce rôle est attribué aux dénommées Verona, Marishka et Aleera, des noms hérités d’un film de 2004, Van Helsing, tandis qu’elles restent anonymes dans le roman de Stoker où elles sont mieux connues sous l’étiquette « les sœurs ». Parlant de Coppola et de son adaptation cinématographique du célèbre texte, je peux d’ailleurs vous affirmer que j’ai rarement vu une scène plus érotiquement chargée que celle où les sœurs accueillent Jonathan dans leur couche. Il faut avoir vu comment la Bellucci surgit d’entre les cuisses grandes ouvertes de Jonathan4 pour pleinement réaliser la maîtrise de Coppola et de ses actrices et acteurs qui non seulement se lancent dans un jeu subtil avec les rôles de genre, mais qui arrivent à allier à la perfection le jeu de l’éros et de l’horreur pour y donner un avant-goût de la puissance orgasmique de ce duo.
Quant à Connie, comme le lecteur a le droit de l’attendre après avoir assisté aux exploits de la guerrière dans les volumes précédents, elle arrive à tirer son épingle du jeu, et si elle finit par se laisser déguster, c’est uniquement pour (é)prouver le pouvoir curatif de la salive du Comte. Ce qui donne une tournure inattendue à l’intrigue et assure à Connie de valeureux alliés dans ses futurs combats avec les pouvoirs infernaux. Des combats en perspective qui s’annoncent farouches, promettant une belle continuité aux pérégrinations érotiques de Connie
Vous l’aurez compris, je me suis régalé en lisant le dernier opus de Gianluca – et surtout en matant les ravissantes créatures qu’on y croise à pratiquement chaque page. Il y a pourtant une petite remarque que je ne voudrais pas passer sous silence, d’autant plus que celle-ci ne porte pas le moindre ombrage à l’impression tout à fait favorable que m’a laissé la farouche Connie. On tombe parfois, en lisant, sur des passages qui se dégustent pour leur puissance érotico-pornographique, mais qui ne font en rien avancer l’intrigue. Un peu comme si c’était des culs-de-sac littéraires ou des parties de plaisir proposées aux lectrices et aux lecteurs par un auteur peut-être un peu trop amoureux de ces créations. Et il y a de fortes chances que les sus-dits lecteurs ne se rendent même pas compte de cela. Parce qu’il faut avoir l’habitude de lire et de relire les textes afin d’en tirer un article pour comprendre qu’on s’est laissé égarer par une narration un peu trop baroque ou rococo. C’est par exemple le cas des galipettes fantomatiques sus-évoquées ou encore des mêlées homo-érotiques de Hardbear et de la Créature. On apprécie les images, on se laisse emporter dans de douces (et moins douces) rêveries, mais ce n’est pas plus qu’une digression.
Après cette petite observation, j’aimerais conclure cet article en recommandant de tout cœur à mes valeureuses lectrices ainsi qu’aux amateurs d’une pornographie sans complexes de délier les cordons de leurs bourses afin de se laisser absorber par la puissance narrative et illustratrice de Gianluca Maconi et de suivre son opulente barbare dans ses escapades et ses galipettes terriblement excitantes. Vous ne le regretterez pas !
Gianluca Maconi
Connie la Barbare, tome 4
Le baiser du comte de Tencula
Tabou Éditions
ISBN : 978–2359547931
- Thomas Galley, Gianluca Maconi, La nuit du Gloriole (Connie La Barbare, t. I), La Bauge Littéraire, 26 octobre 2024 ↩︎
- Voici ce qu’a écrit Gianluca le 8 octobre 2008 dans son blog : « A Lucca uscirà il primo numero di Mediterranea, una serie di 8 albi scitti da Alessandro Cenni e colorati da Barbara Ciardo e Alessia Nocera pubblicata da GG STUDIO. » ↩︎
- Gianluca Maconi, Torniamo alla normalità, article publié sur le blog EKIDNA le 21 mai 2009. « Et j’ai oublié de mentionner la sortie du deuxième album de Mediterranea : Je travaille actuellement sur le troisième, dont les textes sont signés par le légendaire Alex Crippa. Il commence par un mélange de cuisses, de fesses et de seins… » ↩︎
- Bram Stoker’s Dracula, 1992, réalisé par Francis Ford Coppola, à partir de 32:30. ↩︎

