Les Ardennes – des deux côtés de la fron­tière

Le sanglier des Ardennes
L’a­ni­mal fétiche des Ardennes – le san­glier (cré­dit pho­to­gra­phique : Frank Vin­centz)

Une petite remarque s’im­pose avant de vous lan­cer dans la lec­ture de cet article. Celui-ci est sur­tout un pré­texte pour pou­voir pla­cer les pho­tos que j’ai prises pen­dant notre séjour dans la belle région que sont les Ardennes. Cela ne veut pas dire qu’il faut néces­sai­re­ment pas­ser à côté des phrases qui se trouvent insé­rées entre les cli­chés ! Nor­ma­le­ment, il devrait y avoir des trucs inté­res­sants aus­si, sur la région, son his­toire, les acti­vi­tés qu’on y pro­pose, ou peut-être même sur la vie en géné­ral 😉 Allez, main­te­nant on se lance !

Au cœur des Ardennes – Lafo­rêt

Cet été, on a donc pas­sé nos vacances dans les Ardennes. Du côté belge, dans un bled pau­mé, Lafo­rêt, dont le nom est assez révé­la­teur, parce qu’on y trouve : de la forêt, des arbres et, pour chan­ger, quelques col­lines boi­sées 🙂

Dans le vil­lage de Lafo­rêt il y a abon­dance de gîtes. Ce qui en dit long sur la popu­la­tion esti­vale de l’en­droit. Et effec­ti­ve­ment, en été, on risque de tom­ber sur des Fla­mands à tout bout de champ. C’est à se deman­der à quoi :

  • a) auront fina­le­ment ser­vi des années de cours de Fran­çais
  • b) cela peut res­sem­bler hors sai­son ?

Mais à Lafo­rêt il y a aus­si : L’É­pi­ce­rie du Ser­po­let !

Laforêt : L'enseigne du Serpolet
Lafo­rêt : L’en­seigne du Ser­po­let

J’ai fait quelques recherches sur le net avant de par­tir, his­toire de savoir ce qui se passe dans les envi­rons. Et j’ai trou­vé que, pré­ci­sé­ment le week-end de notre arri­vée, il y aurait un concert au Ser­po­let. Ou plu­tôt un fes­ti­val. Deux jours de musique et de « jam » :

On a assis­té aux deux jour­nées du fes­ti­val, et cela mal­gré une météo des plus pour­ries. De la pluie à lon­gueur de jour­née et des tem­pé­ra­tures qui annon­çaient l’au­tomne. Mais quelle ambiance ! Des gens sym­pa, de la bonne musique, des artistes (même un joueur de cor­ne­muse, venu exprès de France !) et un patron trop enchan­té de pou­voir recom­man­der les richesses de sa cave à bière aux tou­ristes avides de bonnes choses.

Free Sofa Accoustic au Serpolet à Laforêt
Free Sofa Accous­tic au Ser­po­let à Lafo­rêt

Depuis, on est reve­nu pra­ti­que­ment chaque soir pour nous repo­ser, après des jour­nées rem­plies d’ac­ti­vi­tés, dans cet éta­blis­se­ment sym­pa. Toute la famille autour d’une table, siro­tant des bois­sons (cf. le para­graphe sui­vant) et absor­bée par leurs lec­tures (Quant à moi, je me suis d’a­bord lais­sé empor­ter par les charmes de la Franche-Com­té chan­tés par Mar­cel Aymé dans La Vouivre avant de me consa­crer au véri­table pavé que nous a légué Albert Cohen avec ses 1000 pages de la Belle du Sei­gneur. Pour la petite, c’é­tait du Tin­tin et Milou à lon­gueur de jour­née, au plus grand bon­heur des autoch­tones). Mer­ci, Jean !!

La bière

De la Karmeliet à Pussemange
De la Kar­me­liet à Pus­se­mange

Je n’ai mal­heu­reu­se­ment pas de pho­tos de l’in­té­rieur du Ser­po­let. À défaut de pou­voir vous la mon­trer, je vais donc me bor­ner à vous par­ler de son impres­sion­nante col­lec­tion de bières trap­pistes. Mais je fais confiance à la force de l’i­ma­gi­na­tion des chers inter­nautes qui vien­draient me lire ici. Mais pour ne pas vous lais­ser sur votre soif, je vous en mets une que j’ai prise dans un autre vil­lage, Pus­se­mange, à deux pas de la fron­tière. C’est de la Kar­me­liet, une bière excel­lente – belge, évi­dem­ment – mais pas trap­piste. À recom­man­der vive­ment, accom­pa­gnée de quelques mor­ceaux de fro­mage.

L'Achel, une authentique bière Trappiste
L’A­chel, une authen­tique bière Trap­piste

Mais reve­nons à la cave de Jean et aux bières trap­pistes. En feuille­tant le dépliant de la bras­se­rie Orval, j’ai appris qu’il y en avait, dans le monde entier, sept varié­tés de bières qui ont le droit de s’ap­pe­ler trap­piste (dont 6 en Bel­gique, équi­ta­ble­ment répar­ties entre les com­mu­nau­tés lin­guis­tiques !) :

  • La West­malle
  • La Westv­le­te­ren
  • L’A­chel (ma pré­fé­rée)
  • La Chi­may
  • L’Or­val
  • La Roche­fort
  • La Trappe (la néer­lan­daise, celle-ci)

Jean a trou­vé de la place dans sa cave pour sto­cker d’amples pro­vi­sions de toutes ces marques, dont il sera ravi de vous énu­mé­rer les qua­li­tés et les mérites. Les dégus­ter en se lais­sant cha­touiller par les der­niers rayons du soleil d’un été Arden­nais ou en regar­dant les flammes len­te­ment consu­mer une bûche dans le foyer du Ser­po­let – dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner une façon plus agréable de pas­ser la soi­rée.

Un petit conseil avant de me consa­crer à autre chose : Il est facile d’a­che­ter la bois­son, mais il est déjà plus mal­ai­sé d’a­voir les verres qu’il faut et de manier la bonne façon de la ver­ser. Mais ne déses­pé­rez pas, tout s’ap­prend. Et si vous dis­po­sez d’une armoire bien spa­cieuse, rien ne devrait plus vous rete­nir 😉

La Semois

Cette rivière (qui voit son ortho­graphe chan­ger en Semoy, une fois pas­sée la fron­tière hexa­go­nale), longue de quelques 200 kilo­mètres, au cours assez tran­quille, est une des attrac­tions prin­ci­pales de la région. Elle se prête à mer­veille aux des­centes en kayak, acti­vi­té dont raf­folent nos voi­sins, les Belges. Et ils ont rai­son !

Les Ardennes - des deux côtés de la frontière
La Semois vue du pont de Bohan, der­nier vil­lage de Bel­gique en direc­tion de Mon­ther­mé.

Muni d’une bonne adresse (encore mer­ci, Jean !), on est par­ti vers Alle pour se ren­sei­gner de plus près sur les for­mules pro­po­sées. C’est là qu’on s’est ren­du compte que la mau­vaise météo peut avoir ses avan­tages : Pas de tou­ristes, pas besoin de réser­ver. On est arri­vé vers 10 heures du matin, et on a pu s’embarquer presque aus­si­tôt pour un voyage d’une ving­taine de kilo­mètres. Il faut peut-être rajou­ter que ce sont les filles qui m’ont impo­sé cet exploit spor­tif … Mais bon, je n’ai pas regret­té, le par­cours étant tout ce qu’on peut ima­gi­ner de plus pit­to­resque. La rivière coule entre des pentes boi­sées, par­fois assez abruptes, qui res­plen­dissent du vert des feuilles, la cou­leur pas­sant de tons très fon­cés par temps cou­vert à une clar­té éblouis­sante quand le soleil se mêle de la par­tie. Par endroits, c’est la roche nue qui affleure et dont les rugo­si­tés confèrent au pay­sage un carac­tère encore plus sau­vage. Ces endroits-là annoncent déjà les sites de la val­lée de la Meuse où on trouve des for­ma­tions encore plus impres­sion­nantes. Celles-ci ont d’ailleurs ins­pi­ré quelques légendes du Moyen-Âge, comme celle des Dames de Meuse ou encore des Quatre Fils Hay­mon.

Les Ardennes - des deux côtés de la frontière
Le cré­pus­cule sur la Semois, vue du pont de claie à Lafo­rêt.

Au cours de la des­cente, on tra­verse plu­sieurs vil­lages où on peut faire halte pour se res­tau­rer, notam­ment Vresse, Membre et Bohan. Peu avant Lafo­rêt, le voya­geur se trouve confron­té à une construc­tion assez remar­quable qui enjambe la Semois : Le pont de claie. Il s’a­git d’un pont fait de branches qui per­met aux ran­don­neurs de tra­ver­ser la rivière. Situé à moins d’un kilo­mètre du vil­lage, on est allé le visi­ter et j’ai pu prendre une pho­to de la Semois vers 10 heures du soir.

Voi­là pour la Bel­gique. Mais comme les Ardennes sont à che­val sur au moins deux pays, il fau­dra par­ler des excur­sions en France aus­si, et notam­ment à Char­le­ville-Mézières.