B – comme Brad­bu­ry, B – comme Bloom et B – comme Baise

On a beau être connec­té depuis les années 90 et avoir tra­vaillé dans le milieu infor­ma­tique depuis pra­ti­que­ment tou­jours, par­fois on arrive quand même avec un tel retard qu’on se sent presque ridi­cu­li­sé, à se deman­der ce qu’on a fait de son temps pour pas­ser à côté d’un tel bijou… C’est ce qui est arri­vé à votre ser­vi­teur aujourd’hui même quand j’ai – enfin ! – décou­vert l’hommage de Rachel Bloom, artiste poly­va­lente amé­ri­caine – autrice, chan­teuse, comé­dienne, com­po­si­trice – à Ray Brad­bu­ry, à l’occasion du quatre-vingt-dixième anni­ver­saire de celui-ci en 2010. Et quel hom­mage !

Ima­gi­nez une jeune femme, belle et superbe, au corps opu­lent et au talent tel­le­ment pro­met­teur (et confir­mé depuis), qui vous adresse, à tra­vers une chan­son, ses dési­rs les plus salaces – et tel­le­ment avouables, dans le cas de Rachel Bloom, qui n’hésite pas à dire à son auteur pré­fé­ré, dans une chan­son publiée sur You­tube et vision­née plus de quatre mil­lions de fois, qu’elle aime­rait se frot­ter à lui et lui faire toutes sortes de gâte­ries : Fuck me, Ray Brad­bu­ry !

Rachel Bloom, Fuck me, Ray Bradbury
Rachel Bloom, Fuck me, Ray Brad­bu­ry

Fran­che­ment, j’ai été plié en deux tel­le­ment j’ai dû rire en regar­dant ce clip… Et voi­ci com­ment je l’ai décou­vert : n’ayant envie de rien sauf de glan­der devant la télé, je suis tom­bé sur une série Net­flix Cra­zy ex-girl­friend, série créé par Rachel Bloom avec comme pro­ta­go­niste – Rachel Bloom. Quand je vous disais poly­va­lente… Comme je l’ai trou­vée super mignonne (et oui, cela m’arrive !), j’ai regar­dé sur Wiki­pe­dia, et c’est c’est là que j’ai trou­vé le lien vers le clip en ques­tion. Le regar­der et tom­ber sous le charme de cette ravis­sante per­sonne ne furent qu’un. Mais atten­dez de lire cette inter­view avec Rachel qui vous explique com­ment elle en a eu l’idée et com­ment elle s’y est prise pour le réa­li­ser. Cela vous lais­se­ra sur le cul… Quelle femme !

L'homme qui a séduit Rachel Bloom : Ray Bradbury en 1975 (Photo par Alan Light)
L’homme qui a séduit Rachel Bloom : Ray Brad­bu­ry en 1975 (Pho­to par Alan Light)

Ray Brad­bu­ry ne manque certes pas d’hommages, et il en a reçu au moins deux par Neil Jomun­si, édi­teur dou­blé d’un auteur pro­li­fique qui ne rechigne devant aucun effort quand il s’agit d’explorer les capa­ci­tés d’une écri­ture renou­ve­lée par les tech­niques de la Toile. Par­mi ces hom­mages, il y a tout d’abord le Pro­jet Brad­bu­ry consis­tant à publier, pen­dant un an, une nou­velle par semaine – exploit qui en est à sa deuxième édi­tion. Et ensuite, il y a le Ray’s Day, évé­ne­ment artis­tique et lit­té­raire pour célé­brer l’anniversaire du grand Ray, le 22 août, un évé­ne­ment auquel votre ser­vi­teur a par­ti­ci­pé deux fois en col­la­bo­ra­tion avec Reine Bale. Il n’y a pas à dire, ce sont de beaux et émou­vants hom­mages, mais j’ai peur que tous les efforts de Neil ne pâlissent devant celui de cette jeune femme qui célèbre sa pas­sion pour l’auteur des Chro­niques Mar­tiennes à tra­vers la danse las­cive et envoû­tante de la beau­té dévo­rée par le désir incan­des­cent de célé­brer la lit­té­ra­ture par tous (!) les moyens. Humour, sexe et intel­li­gence – le mélange qui tue ! Et quel auteur n’aimerait pas que ses livres ins­pirent l’envie d’éjaculer des­sus ? Parce que c’est ça l’idée qu’un titre de Brad­bu­ry, Some­thing wicked this way cums (comes) ins­pire à Rachel : « And by cum, I mean eja­cu­late on a book. »