Odette N., L’été de mes 20 ans

Pour une fois – qui, je vous assure, n’est et ne sera jamais cou­tume ! – on ne va pas à la mer avec les pro­ta­go­nistes du texte rete­nu pour cette Lec­ture Esti­vale. Au lieu de pou­voir goû­ter aux plai­sirs de la plage, la belle Odette a suc­com­bé aux chants de Sirène de son amie Anne-Lise – une brune bien pul­peuse au cul bien en chair qui invite les cor­rec­tions – et décide de se rendre avec elle dans les Cévennes, à la ferme de Joël et d’I­rène, pour y par­ti­ci­per à des fouilles. Je vous ferais un petit clin d’œil ici, mais vous ima­gi­nez bien que si on y pro­cède à des fouilles, ce n’est pas tant en creu­sant dans les terres avec l’es­poir de tom­ber sur de quel­conques ves­tiges gal­lo-romains, mais bien au fond des chattes et des culs en se ser­vant des outils que la nature a si gen­ti­ment mis à la dis­po­si­tion des adeptes de jeux entre adultes. Qui d’ailleurs pro­mettent des tré­sors bien autre­ment appré­ciés ! Mais allons‑y dou­ce­ment ! Si je vous révèle la conclu­sion de l’af­faire dès le pre­mier para­graphe, c’est que je vous connais bien, mes lec­trices ché­ries et mes lec­teurs délu­rés, vous et vos goûts coquins qui, jour après jour, vous conduisent vers les colonnes de ma Bauge pour y plon­ger vos nez (et que sais-je encore) dans les pro­po­si­tions de lec­tures indé­centes ras­sem­blées ici par les soins de votre infa­ti­gable ser­vi­teur. Si vous avez donc l’ha­bi­tude de me voir par­ler de textes éro­ti­co-por­no­gra­phiques et et de tour­ner avec une rare pas­sion autour de la seule et unique affaire qui nous occupe inlas­sa­ble­ment sans que l’on puisse jamais s’en fati­guer – les gali­pettes. Odette, quant à elle, n’a aucune idée de la tour­nure que pren­dront les affaires une fois arri­vée dans le repaire d’I­rène et de Jean et de la joyeuse com­pa­gnie ras­sem­blée dans l’es­poir de se frot­ter les unes contre les autres sous un soleil cani­cu­laire dans la soli­tude de la cam­pagne cévenole.

Si je pro­pose ici d’y aller dou­ce­ment, c’est que l’au­trice (ou l’au­teur, que sais-je des arcanes de cette col­lec­tions de « Confes­sions éro­tiques » elle-même prend son temps pour arri­ver à ses fins, et il faut attendre le cha­pitre 8 avant de voir la belle Odette pas­ser à la cas­se­role. Pas­sage accom­pa­gné par cette belle réflexion :

Une par­tie de moi était rési­gnée, une autre était la proie d’une fas­ci­na­tion mal­saine, comme quelqu’un qui sait qu’il va accom­plir un acte auquel il ne devrait pas se livrer, et que, pour­tant, il ne peut s’empêcher de faire. C’est sans doute ça l’attrait du fruit défen­du.1

Le fruit en ques­tion étant bien sûr l’a­bri­cot de notre belle pro­ta­go­niste qu’Anne-Lise se met à dégus­ter avec un plai­sir non miti­gé. Acti­vi­té dans laquelle Odette, à peine ini­tiée, n’hé­site pas à rejoindre sa copine de jeu suite à une invi­ta­tion aus­si indé­cente que succincte :

Lèche-moi ! Tu pour­ras dire que tu as sucé une fille au moins une fois dans ta vie.

Le plus dur étant fait, si l’on peut dire, une fois accom­pli le déniai­se­ment d’O­dette, la mai­son­née com­mence à se lâcher, et on voit les filles se goui­ner à tour de bras, et les gar­çons ne se gênent pas, non plus, même si les bites se font plu­tôt rares dans le texte, sauf sous forme de gode­mi­chets phal­liques en savon sou­mis à un usage quo­ti­dien. Et oui, c’est impor­tant, l’hygiène… 

À lire :
Thalia Devreaux, Soirée entre filles

Comme un récit sous le soleil du Midi se conçoit dif­fi­ci­le­ment sans un pas­sage à la mer, on voit d’ailleurs nos pro­ta­go­nistes se lan­cer dans une petite excur­sion dans un camp nudiste près de Pala­vas. Ce qui per­met, pen­dant un jeu de ten­nis, d’i­ma­gi­ner les gros seins d’Anne-Lise se bal­lot­ter pen­dant qu’elle court après la baballe. Si seule­ment elle n’a­vait pas eu la mau­vaise idée de mettre un sou­tien-gorge. Ce qui n’empêche bien évi­dem­ment ni les vieux badauds ni nous-autres de les ima­gi­ner sans ce mor­ceau d’é­toffe et de lais­ser libre cours aux fan­tasmes et aux remarques de plus ou moins bon goût2.

Puisque je viens de vous par­ler de « bon goût » – sérieux, mon vieux, dans un texte de cul ?? -, l’au­trice ne recule d’ailleurs pas devant les réfé­rences lit­té­raires, et la preuve en est four­nie au cha­pitre 15, celui qui voit Irène et Odette en pleine action, où elle fait ce petit clin d’œil à Aragon :

Je n’avais pas pu m’en rendre compte le soir où je l’avais vue se goui­ner avec Anne-Lise. Cela a ache­vé de m’exciter. J’ai plon­gé ma langue dans le sexe d’Irène. Elle a pous­sé un gémis­se­ment aigu.3

Je parie que avez su devi­ner l’al­lu­sion à peine dégui­sée au Con d’I­rène célé­bré par le jeune Ara­gon ? Un des textes cultes de l’é­ro­tisme au XXe siècle pas­sé entre les mains des édi­teurs les plus illustres, tels que Jean-Jacques Pau­vert ou Régine Deforges, avant de ter­mi­ner son par­cours chez le Mer­cure de France. Où vous pou­vez très faci­le­ment vous le pro­cu­rer, ce que je ne peux que vous recommander !

Comme vous le savez sans doute, depuis le temps, une grande par­tie des textes de chez Média 1000 ne datent pas d’hier, mal­gré le témoi­gnage des dates de publi­ca­tion et les cou­ver­tures par­fois remises – avec plus ou moins de bon­heur – aux goûts du jour. Dans le cas de notre Odette de plus en plus délu­rée, la date qui s’af­fiche dans mon édi­tion numé­rique indique une ori­gine assez récente : 2022. Mais le texte lui-même tra­hit son âge quand on assiste à la scène, près du dénoue­ment, dans laquelle on voit les filles deman­der à Fabien de les fil­mer avec « le camé­scope de Kevin ». Drôle d’en­gin dans lequel il faut en plus four­rer une cas­sette vidéo… Ahhh, les joies des années quatre-vingt-dix ;-) Détail venu d’un autre âge pour venir nous nar­guer avec ses sou­ve­nirs pré-numé­riques. Ce qui n’empêche d’ailleurs nul­le­ment le lec­teur d’ap­pré­cier les vel­léi­tés artis­tiques de Fabien :

Son vagin [celui d’Anne-Lise] se contrac­tait par spasmes, fai­sant gicler de petits jets troubles. D’une main, elle a pin­cé ses bouts de sein, de l’autre son cli­to­ris. Fabien a appro­ché l’objectif du cames­cope [sic] de son bas-ventre. Il frô­lait les doigts gluants de mouille qui s’agitaient sur le bou­ton.4

Déli­cieux, n’est-ce pas ? Un pas­sage qui rend un bel hom­mage à la fas­ci­na­tion du phy­sique des filles, fas­ci­na­tion exer­cée sur et subie par tous les sexes depuis la nuit des temps. Fas­ci­na­tion cap­tée ici par un gad­get fébri­le­ment manié par un jeune homme qu’O­dette vient de détour­ner de sa voca­tion. Astuce que je vous laisse décou­vrir par vous-mêmes !

À lire :
Thomas Galley, Les Chattes

Ne vous lais­sez d’ailleurs pas abu­ser par la fri­vo­li­té de la scène que je viens de citer ! L’au­trice sait aus­si com­man­der aux scènes d’une belle sen­sua­li­té qui jalonnent la lec­ture, comme celle où Anne-Lise pétrit son abon­dante poi­trine ce qui pro­voque cette belle réflexion de la part de la narratrice :

La chair souple cou­lait comme de la pâte entre ses doigts.5

Bref, après vous avoir ser­vi – Vir­gile moderne – de guide à tra­vers tous ces excès, on constate qu’il ne faut pas tou­jours aller à la plage pour pro­fi­ter du soleil et des corps libre­ment expo­sés à ses rayons pour vivre des séances tor­rides de jambes en l’air. Sur­tout quand on se retrouve, comme Odette, en com­pa­gnie non seule­ment d’une copine aus­si libé­rée qu’in­sa­tiable, mais de toute une famille où le sexe est célé­bré dans toutes les posi­tions et toutes les com­bi­nai­sons ima­gi­nables. Que ce soit donc le sexe entre filles auquel Anne-Lise ini­tie, de gré ou de force, sa copine – des expé­riences que celle-ci sera ame­nées à explo­rer avec plus de détails avec la belle Irène – ou une séance de lave­ment de cul à laquelle sera sou­mis ce cher Jean qui, quand il n’est pas en train de s’en­thou­sias­mer sur le poten­tiel archéo­lo­gique de sa ferme, adore se pro­me­ner dégui­sé en sou­brette pour se lais­ser ensuite sou­mettre par sa bonne et chère.

Si le pauvre Jean doit fina­le­ment voir s’é­va­nouir ses rêves de gloire archéo­lo­gique, il peut sans doute se conso­ler en voyant s’é­pa­nouir la petite Odette qui sera ame­née à consta­ter qu’il ne faut pas être archéo­logue pour fouiller les pro­fon­deurs. Et comme l’ar­chéo­lo­gie fait parie des Huma­ni­tés, pour­quoi ne pré­fé­re­rait-on pas, en tant qu’a­depte de cette branche de science, les chairs humaines aux terres trop sou­vent arides ?

C’est sur cette belle réflexion que je vous laisse à vos occu­pa­tions. Que j’es­père aus­si indé­centes et joyeu­se­ment lubriques que les idées que m’ont ins­pi­rées les paroles d’O­dette. De mon côté, je pars pour des vacances dans le Midi. D’où je vais peut-être vous envoyer quelques sou­ve­nirs, si les ten­ta­tions du soleil, de l’eau de mer et des culs bien en chair tout autour de moi me laissent le temps d’al­lu­mer mon fidèle Chromebook.

Odette N.
L’été de mes 20 ans
Média 1000
ISBN : 9782744829147

Odette N., L’é­té de mes 20 ans
  1. Odette H, L’é­té de mes vingt ans, pos. 54 sur 155 ↩︎
  2. Ren­dez-vous au cha­pitre 12 pour se faire une idée. ↩︎
  3. Odette H, L’é­té de mes vingt ans, pos. 114 sur 155 ↩︎
  4. Odette H, L’é­té de mes vingt ans, pos. 143 sur 155 ↩︎
  5. Odette H, L’é­té de mes vingt ans, pos. 143 sur 155 ↩︎
Pirunae, Pony tail