La col­lec­tion Rau – tré­sor de pein­tures françaises

L'Arc de Roland
L’Arc de Roland

J’ai déjà eu l’oc­ca­sion de vous par­ler de quelques expo­si­tions qui viennent d’ou­vrir les portes dans les musées d’Al­le­magne, plus par­ti­cu­liè­re­ment en région rhé­nane. Et je croyais cette liste déjà assez bien rem­plie. Mais voi­ci qu’une « col­lègue » d’un forum fran­co­phone me fait savoir qu’elle est loin d’être complète.

Il y a, en effet, du côté de Roland­seck (ce qui se tra­duit par le coin de Roland – oui, chers amis ori­gi­naires de la « douce France », nous autres Alle­mands, nous avons aus­si notre part d’hé­ri­tage caro­lin­gien), un musée assez récem­ment ins­tal­lé, le Musée Arp. Dans le pas­sé récent, il a fait par­ler de lui plu­tôt à pro­pos de l’au­then­ti­ci­té des œuvres expo­sés que de la qua­li­té de la col­lec­tion, mais, il n’y a pas long­temps, le musée a su se mettre d’ac­cord avec l’U­NI­CEF, héri­tier de la col­lec­tion Rau, ce qui a mis un véri­table tré­sor à sa dis­po­si­tion. Tré­sor consti­tué en bonne par­tie de tableaux de peintres fran­çais tel que Renoir, Pis­sar­ro, Cézanne, Redon, Monet, Degas et j’en passe. Et voi­là que le musée a déci­dé de les pré­sen­ter en bloc au public dans une expo­si­tion au titre un peu bizarre : « super­franzö­sisch » dont je ne sais pas vrai­ment com­ment le tra­duire afin de gar­der la notion légè­re­ment – sans doute pas choi­si exprès ! – ridi­cule : archi­fran­çais ? tout­ce­qu’i­lya­de­plus­fran­çais ? onne­peut­plus­fran­çais ? plusfrançaisqueçatumeurs ?

Conservé dans la collection Rau : Pissarro, Portrait de Jeanne
Pis­sar­ro, Por­trait de Jeanne

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas rater une occa­sion de voir un grand nombre de tableaux superbes, réunis pas loin de chez nous, et pré­sen­tés dans une ambiance agréable. D’au­tant plus qu’a­près la visite, on peut plon­ger au cœur du roman­tisme rhé­nan en visi­tant l’Arc de Roland, à l’o­ri­gine une baie, seule ves­tige du châ­teau-fort, d’où le preux de Char­le­magne aurait lan­gou­reu­se­ment regar­dé vers le monas­tère de l’île de Non­nen­werth, où s’é­tait enfer­mée sa dul­ci­née après la – fausse ! – nou­velle de la mort de son bien-aimé aux mains des Maures, à Roncevalles.

Conservé dans la collection Rau : Auguste Renoir, La femme à la rose
Renoir, La femme à la rose

Quant aux tableaux, il n’a pas été facile d’en trou­ver des ver­sions numé­ri­sés sur la toile. Ce qui est sans doute nor­mal, vu que les tableaux qu’a ache­tés le célèbre méde­cin ont été sto­ckés pen­dant assez long­temps dans quelque  han­gar suisse avant d’être pré­sen­tés au public au début de notre mil­lé­naire. Mais voi­ci ce que j’ai réus­si à débus­quer. Sinon, n’hé­si­tez pas, allez voir par vous-même, et, si l’en­vie vous prend, reve­nez ici nous conter votre visite :-) !