Je ne connais pas votre état d’esprit, ni votre niveau de lubricité. Encore que je devine ce dernier assez élevé, vu que je vous ai pris en flagrant délit de visite sur un site classé comme pornographique par les filtres de contenu les plus renommés.
Si toutefois vous vous trouvez sur une plage, langoureusement étendu(e) sur un transat ou une simple serviette, le cerveau réduit à l’état de compote par un soleil caniculaire, la capacité de réfléchir sur la qualité littéraire des textes que vous êtes en train de feuilleter entièrement anéantie par les températures et les parfums de la chair cuite à point des beautés qui s’étalent à perte de vue sur le sable chauffé à blanc et que vous ne demandez plus qu’à faire pénétrer, tels le dard solaire d’un Dieu grec, le vôtre au fin fond des orifices réunis sous ce ciel azuréen, je ne peux que vous recommander ce recueil. Entre ses pages virtuelles, ça baise à tous les coups, ça s’enfile par tous les orifices possibles et on ne s’embarrasse point d’une intrique qui se résumerait de toute façon à deviner le genre de la personne qui aura fait la première proposition salace et de savoir si les trous des femmes seront ramonés dans le bon vieil ordre pornographique – fellation, pénétration, sodomie – ou si l’auteur aura eu l’esprit assez libre pour y introduire des variations. Une simplicité bienvenue par 40° à l’ombre quand la seule idée de « canicule » ne rime plus qu’avec « je t’encule ». Et je vous rassure, Erosto s’occupera de vos désirs, de vos pulsions et de vos fantasmes. Tendez lui votre bite, invitez-le à fouiller vos trous, et vous serez comblé(e)s !
Voici un recueil de dix textes qui vous emmènent vers des plages peuplées par une faune des plus attirantes, à savoir des estivants à la recherche d’un peu – ou de beaucoup, c’est selon – de plaisir. Ou, pour le dire de façon légèrement plus crue, de galipettes… Que ce soit sur une île grecque, sur une plage du Portugal ou sur une grève hexagonale, les rencontres se terminent toujours par une bonne partie de jambes en l’air. Ou, étant donné qu’on se trouve sur une plage, parfois aussi dans l’eau… Et comme le titre le suggère, celles-ci – les parties de jambes en l’air, je vous le rappelle – ne se bornent pas au cadre du couple ordinaire1. Et dans quelques-uns de ces textes, Erosto y glisse une bonne dose d’une délicieuse perversité qui frôle l’interdit afin de les rendre d’autant plus délicieux pour un public sans doute assez blasé.
C’est ainsi que le premier texte, Une journée exceptionnelle à la plage, joue avec un plaisir certain sur le fantasme de l’inceste d’une mère, Jade, qui s’envoie en l’air sur le récit des exploits sexuels subis par sa fille, Daphné, sous les coups de boutoir d’un amant que toutes les deux se partagent.
Pendant que je baise son [i.e. celui de Daphné] cul de pucelle, sa chatte sera poussée dans ton [i.e. celui de Jade, la mère] visage jusqu’à ce que tu n’en puisses plus et que tu commences à manger sa jeune chatte…2
Délicieux ? À vous de décider, mais le passage en question est sans aucun doute le plus sensuel et le plus intense de ce texte assez long. Dont l’exposition a du mal à clairement dégager les différentes constellations charnelles qui se jouent sur cette plage entre quatre personnages, le narrateur et trois filles que celui-ci baise à tour de rôle. Et parfois en même temps.
Si le texte suivant Deux frangins pour elle seule, joue aussi avec un fantasme incestueux, celui-ci se borne surtout au titre, tandis que la scène de baise reste assez classique et ne demande aux lecteurs aucun effort transgressif. Il faut attendre la Rencontre à la plage des désirs pour se retrouver dans une constellation un peu plus exotique, dans laquelle la jeune Chloé3, fraîchement dépucelée et en quête de sensations, tombe sur deux gays qui prennent sur eux d’initier la jeune femme aux plaisirs d’une journée à la plage. Encore heureux que l’un des deux « n’est pas complètement gay » et accepte donc de mettre sa bite à la disposition de leur jeune compagne de jeu. Certes, on a vu se familiariser la présence des gays dans les textes érotiques, mais le phénomène reste toujours assez rare pour signaler ici que le triolisme tout doucement sort des seules relations hétérosexuelles pour ouvrir à tous les participants un domaine de lutte plus étendu.
Un autre des textes mérite d’être mentionné puisqu’il sort du cadre et qu’il n’y a ici ni triolisme ni la moindre petite plage, seulement une fille trop curieuse qui risque de se laisser prendre dans les fils savamment tendus par son fiancé. À découvrir vu que c’est sans doute le texte le plus raffiné du recueil !
Dans Infidélité inévitable, un texte qui renoue avec le sujet estival du recueil en transportant les lecteurs dans un décor des plus classiques, à savoir une plage (sur un banc de sable) de la côte du sud du Portugal, la narratrice à la première personne, restée anonyme, une jeune femme très entreprenante quand il s’agit de réaliser ses fantasmes, finit par trouver une sorte de liberté face à son mari resté coincé dans ses idées du sexe qui ne peut dépasser le cadre conjugal.
Je me borne ici à vous présenter les textes lus avec un plaisir certain et qui ont le mérite de quelque peu sortir du cadre de ce que l’on a l’habitude de trouver dans les textes érotiques. Comme vous pouvez l’imaginer, le premier texte, celui qui ouvre le bal des fantasmes archi-pimentés, est mon favori, même s’il présente quelques faiblesses. Mais ne vous laissez pas empêcher par ce choix très personnel de goûter aux autres textes compris dans le recueil ! Vous y découvrirez les décors de l’été, une chaleur qui se transmet aux personnages et leurs désirs, des seins aussi bronzés que plantureux qu’on aimerait tripoter sous le soleil ou dans la fraîcheur de l’eau. Et vu la possibilité de profiter du recueil dans le cadre d’un abonnement Kindle Unlimited, je dirais : Foncez !
Je me permets néanmoins de revenir vers les faiblesses sus-mentionnées et j’aimerais rappeler à l’auteur que l’argent dépensé pour une relecture professionnelle n’est jamais de trop ! On tombe bien trop souvent sur des mots qui se répètent dans la même construction syntaxique, ce qui enlève une partie du plaisir et empêche parfois de se mettre dans l’ambiance. Mais si, comme je vous le faisais remarquer au début de cet article, votre capacité de réfléchir s’est endormie sous l’effet des vagues de chaleur successives et que vous n’êtes plus capable d’apprécier les finesses d’un langage soigné, cela n’a de toute façon aucune importance. Une lecture estivale parfaite…
Erosto
10 histoires de fantasmes à la plage
Auto-édition
ASIN : B0DCLVZTVZ
- Vous aurez sans doute remarqué la différence entre le titre tel qu’il s’affiche sur la couverture et tel qu’il apparaît sur le site de l’éditeur. Quoi qu’il en soit, le triolisme étant un fantasme apparemment très répandu, je ne vois pas pourquoi on reprocherait ce lapsus à l’auteur. ↩︎
- Erosto, Une journée exceptionnelle à la plage, in : 10 histoires de fantasmes à la plage, p. 9 ↩︎
- Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve ce prénom terriblement érotique. Et une autrice de mes connaissances m’a même raconté que son prénom lui a valu plein de remarques salaces, la libido des hommes titillés par un nom qui semble provoquer tous les désirs. Et moi aussi, j’ai pourvu une des mes protagonistes de ce nom apparemment provocateur (cf. La fiancée de la douleur). ↩︎

