Dédié à la mouche à miel

(article dédié, outre à l’a­ni­mal en ques­tion, à mon amie Lau­rence, qui se reconnaîtra 😉 )

Tan­dis que les prés sont cou­verts de neige, et que l’é­poque de la flo­rai­son est encore loin, j’ai­me­rais pour­tant dédier un article à cette petite gla­neuse. Mais pour­quoi donc, me deman­dez-vous, cher lec­teur ? La chose est facile.

Abeilles trouvée dans le tombeau de Childéric I, près de Tournai
Abeilles trou­vée dans le tom­beau de Chil­dé­ric I, près de Tournai

Avant d’en­trer dans les détails, il faut savoir que, sur un de mes ordi­na­teurs qui tourne sous Linux, il y a un petit pro­gramme, exé­cu­té au moment de me connec­ter, qui m’in­dique la date actuelle selon le calen­drier répu­bli­cain. C’est ain­si que j’ai appris qu’on était le 11 Fri­maire 219. En quoi est-ce que cela peut nous avan­cer, mis à part le fait que je viens de vous dévoi­ler mon côté « nerd fran­co­phile » ? Et ben, c’est l’an­ni­ver­saire du cou­ron­ne­ment de l’Empereur.

Robert Lefèbre, Portrait de Napoléon (détail)
Robert Lefèbre, Por­trait de Napo­léon (détail)

Celui-ci, fon­da­teur de la « qua­trième dynas­tie » à régner sur la France, n’a pas vou­lu gar­der la fleur de lys, l’emblème des rois ses pré­dé­ces­seurs. Il fal­lait donc trou­ver quelque chose pour la rem­pla­cer sur le man­teau que l’illustre Corse allait revê­tir au moment de la céré­mo­nie de son cou­ron­ne­ment. Je ne sais pas, qui, le pre­mier, a pro­po­sé l’a­beille, mais tou­jours est-il que ce choix-là a été par­ti­cu­liè­re­ment heu­reux, l’a­beille étant étroi­te­ment liée à la pre­mière dynas­tie de France, les Méro­vin­giens, depuis qu’on a trou­vé, en 1653, dans le tom­beau de Chil­dé­ric I, des cen­taines d’a­beilles en or. Qu’on a pris, dans un pre­mier temps, à cause de leur forme plu­tôt ébau­chée, réduc­trice, pour des – fleurs de lys. Quoi de plus com­mode alors que de rem­pla­cer ces fleurs par les bes­tioles sym­pa­thiques qui non seule­ment nous four­nissent en miel, mais qui encore fer­ti­lisent nos campagnes ?

Et si, en plus, on sait que nous célé­brons aujourd’­hui le jour de la cire (tou­jours selon le calen­drier répu­bli­cain), on peut bien dire que les choses ne se font déci­dé­ment pas par hasard. Il me semble donc que c’est une bonne occa­sion que de pen­ser à l’A­pis mel­li­fe­ra, pen­dant qu’elle som­meille encore dans sa ruche en atten­dant le retour de la belle saison.