Camille Lys, Rela­tion interdite

Si vous sui­vez mes Lec­tures esti­vales, vous aurez com­pris que la liste des textes que je dresse avant chaque nou­velle édi­tion n’a rien de contrai­gnant. Je sup­prime des titres et j’en rajoute, et par­fois je fais pas­ser des textes pré­vus pour une édi­tion à celle de l’an­née sui­vante. Parce qu’il ne faut pas oublier que la lec­ture est avant tout un plai­sir que je me concède afin de pou­voir gar­der un oasis de fraî­cheur au milieu du désert d’un quo­ti­dien par­fois frus­trant. J’es­saie de ratis­ser large en étu­diant les cata­logues des édi­teurs spé­cia­li­sés comme Tabou, Média 1000, SKA ou La Musar­dine. Tout en me pro­me­nant de façon régu­lière dans le repaire des petites – et par­fois minus­cules – mai­sons d’é­di­tion ras­sem­blées sur 7switch1 ou encore dans les bas-fonds des cryptes de l’au­to-édi­tion dont les autrices et les auteurs se rangent sous les ban­nières du géant de Seat­tle. Les afi­cio­na­dos savent d’ailleurs que c’est dans ce der­nier réser­voir que j’ai pu dégo­ter quelques-unes des meilleures prises de ces der­nières années.

Je disais donc que cette liste ini­tiale n’a rien de défi­ni­tive et que j’ai l’ha­bi­tude de sup­pri­mer et de rajou­ter des textes à mon gré. Ce qui est aus­si dû au fait que cer­tains textes dignes d’une lec­ture esti­vale tout bête­ment m’é­chappent dans un pre­mier temps. Et si je tombe des­sus ensuite – par le plus grand des hasards par­fois – je ne vais pas en pri­ver mes lec­trices et mes lec­teurs qui, après tout, n’ont pas à payer le prix de ma fai­néan­tise ou de ma céci­té. Parce que c’est ici, dans le repaire du San­glier, qu’on trouve ras­sem­blé le meilleur de ce que l’é­té puisse pro­duire comme fantasme.

Avec autant de pré­li­mi­naires, vous vous dou­te­rez que j’ai encore une fois pu mettre les pattes sur un texte digne d’être por­té à la connais­sance d’un public aus­si exi­geant et aus­si sélec­tif que le mien.

D’a­bord, lais­sez-moi vous rap­pe­ler un fait : je lis beau­coup. Et très sou­vent, c’est du por­no. Le décla­rer ici, dans les colonnes de la Bauge lit­té­raire, n’est rien d’autre qu’une évi­dence. À force donc d’a­voir enten­du par­ler de toutes les cou­leurs, vous ima­gi­ne­rez faci­le­ment que je suis deve­nu quelque peu dif­fi­cile et qu’il ne m’ar­rive pas sou­vent de tom­ber sur des textes inso­lites. Des textes qui arrivent à m’emballer voire à me fas­ci­ner et à réveiller un désir farouche. Cela arrive pour­tant, et je pense que vous en trou­ve­rez de beaux exemples ras­sem­blés ici même. Mais si je vous disais que je viens de ter­mi­ner un texte qui non seule­ment m’a empor­té dans un élan des plus rares, qui m’a tenu scot­ché à ses pages, au point de ter­mi­ner les deux volumes en l’es­pace de quelques heures, et qui me fait tou­jours rêver même après avoir tour­né la der­nière page, au point de vou­loir récla­mer une suite, même si je sais que cela serait tout à fait impos­sible et même indé­cent2 ? Est-ce que vous me croi­riez ? Et bien, la preuve se trouve sous vos yeux, sur l’é­cran sur lequel défilent les lignes de cet article consa­cré à une autrice extra­or­di­naire qui a réus­si l’ex­ploit de mettre la bête sous son charme, d’ap­pri­voi­ser le San­glier. Et est-ce que c’est éton­nant quand on lit une phrase comme celle-ci ? Qui me semble conte­nir toute la force vitale de l’au­trice, une force qu’elle sait injec­ter dans ses per­son­nages et leurs passions :

Le sud dégueule de vie, c’est presque violent tel­le­ment c’est intense.3

J’ai nom­mé Camille Lys. Qui a su créer une créa­ture qu’on n’est pas près d’ou­blier après l’a­voir vue dans tous ses états, après avoir assis­té aux longues séances de gali­pettes dans les­quelles elle arrive à entraî­ner un amant non seule­ment réti­cent, mais farou­che­ment déci­dé à ne pas céder à la ten­ta­tion qui lui tombe des­sus – et c’est le cas de le dire. Une amante donc qui se déchaîne sur celui sur lequel son dévo­lu est tom­bé depuis déjà des années et qui arrive à fina­le­ment le faire som­brer dans une pas­sion qui lui fera oublier les ami­tiés les plus pré­cieuses et jus­qu’aux notions d’hos­pi­ta­li­té, d’a­mi­tié et de décence. Et qui sait com­po­ser des scènes d’une pas­sion fusion­nelle qui, croyez-moi, ne lais­se­ront per­sonne indif­fé­rent ! Lire les textes issus de la plume de Camille Lys, se confron­ter à sa Léa, se faire absor­ber par son uni­vers, c’est faire l’ex­pé­rience du pou­voir de la parole. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai uti­li­sé le verbe « voir » quelques phrases plus loin, parce que la force de la parole sus­cite ici des images bien plus vivaces que de bêtes pho­tos, parce que la parole fait appel à nos facul­tés d’i­ma­gi­na­tion, met­tant à son ser­vice notre propre res­sen­ti, nos propres fan­tasmes, pour engen­drer des créa­tures ou des scènes aux­quelles nous sommes tout sim­ple­ment inca­pables de résis­ter. D’une parole qui vous met­tra dans un état second sans avoir besoin de pas­ser par des images ou les gestes usuels de n’im­porte quel lec­teur de por­no, habi­tué à tenir sa liseuse ou son livre d’une seule main. Ici, pas besoin de por­ter vos mains à vos sexes, de titiller vos cli­to­ris ou de bran­ler vos bites, Léa vous fera mouiller en fai­sant appel à vos seules méninges, et la seule évo­ca­tion des charmes de cette jeune femme à peine adulte et de sa façon de se don­ner et de récla­mer ce qu’elle consi­dère son dû feront de vos bites et de vos chattes trem­pées autant de tro­phées de sa puis­sance érotique.

Qu’est-ce qui s’y passe donc, dans ces deux volumes, vous me deman­dez ? Et bien, tout cela com­mence de façon presque banale, avec un voyage en train… Sauf que ce voyage, comme si sou­vent, met en rap­port deux incon­nus – Alex et Cla­ra – par le simple fait de se retrou­ver dans le même car­ré, l’un en face de l’autre. Et voi­ci que notre pro­ta­go­niste, jeune homme dans la tren­taine, se retrouve face à face avec :

Une femme du sud, […] une femme lumi­neuse, pour qui le soleil est tel­le­ment une habi­tude qu’elle en porte un peu dans l’éclat de son regard.4

Qu’est-ce que vous dites de cela pour un texte entré dans les Lec­tures esti­vales ? Ce n’est pas un peu comme une ban­nière por­tée en triomphe devant le compte-ren­du de l’é­di­tion 2026 ? Et atten­dez un peu, la femme que je viens d’é­vo­quer n’est même pas celle dont je par­lais plus loin avec une telle pas­sion ! Celle du pre­mier cha­pitre – que notre pro­ta­go­niste retrou­ve­ra plus tard, je vous ras­sure – est une femme d’un cer­tain âge, quelque part entre la qua­ran­taine et la cin­quan­taine, tan­dis que la « véri­table »5 pro­ta­go­niste, Léa, n’en a que dix-neuf à son comp­teur. Sans vou­loir vous dévoi­ler les détails – qui suis-je pour gâcher les joies d’une telle décou­verte à mes fidèles lec­trices et lec­teurs ? – je peux déjà vous indi­quer que cette pre­mière ren­contre vaut à elle seule lar­ge­ment les quelques sous dépen­sés pour le texte. Sur­tout parce que cette ren­contre-ci fait déjà appel à la facul­té d’i­ma­gi­na­tion, don­nant par cela le ton pour la suite. Parce que les deux voya­geurs com­mencent par se par­ler par les regards. Des regards qui explorent, qui fur­ti­ve­ment glissent sur l’é­toffe avant de plon­ger à tra­vers les inter­stices pour se poser à même la chair. Un voyage visuel loin de toute inno­cence qui se ter­mine par un drôle de rap­pro­che­ment et un pre­mier orgasme par gad­get télé­com­man­dé inter­po­sé. Un voyage qui se ter­mine pour un orgasme ful­gu­rant pour Cla­ra et bien trop tôt pour nous autres lec­teurs, mais sur la pro­messe de se retrou­ver pour Alex. Mais qu’est-ce qu’il est est loin, l’A­lex, d’i­ma­gi­ner la suite des affaires voire de connaître les inten­tions de celle qu’il ne tar­de­ra pas à croi­ser une fois arri­vé à destination.

À lire :
Christine Dupond-d'Angeac, Les ravages du Baba au rhum (sans rhum)

Avant de fina­le­ment vous conduire vers cette Léa déjà tant de fois évo­quée, je me per­mets de reve­nir en arrière afin de vous par­ler du début de la nar­ra­tion, vers l’inci­pit plus exac­te­ment. Parce que celui-ci m’a frap­pé par le charme de sa sim­pli­ci­té qui, en quelque paroles, ouvre les dimen­sions d’une existence :

Le pay­sage a chan­gé.6

« Bon, ben, OK, et alors ? » C’est sans doute la ques­tion que vous aime­riez me poser. Mais réflé­chis­sez un peu. Quelques para­graphes plus loin, nous appren­drons que nous sommes, avec le pro­ta­go­niste, dans un train allant de Bor­deaux à Avi­gnon et qu’on vient de dépas­ser Nar­bonne. Mais ce n’est pas dans ce bête car­ré que com­mence la nar­ra­tion. « Le pay­sage a chan­gé. », c’est-à-dire que celui-ci a déjà été contem­plé par d’autres yeux que les nôtres, à savoir par ceux du pro­ta­go­niste encore ano­nyme. Qui mène donc une exis­tence indé­pen­dante du récit. Qui a déjà voya­gé, regar­dé, exis­té avant que la nar­ra­trice ne nous fasse faire connais­sance. Moyen d’une sim­pli­ci­té épous­tou­flante, mais qui fait d’un bête début de roman un champ tel­le­ment large que la vue s’y perd, un champ que l’i­ma­gi­na­tion peut inves­tir et peu­pler de toutes les chi­mères ima­gi­nables. Pro­cé­dé digne d’être relevé.

La ren­contre avec Léa a lieu à la gare, et c’est encore une fois un pro­cé­dé que j’ai­me­rais rele­ver. Le texte se trouve tou­jours au pre­mier cha­pitre, le voyage vient à peine de se ter­mi­ner, et Alex et Cla­ra viennent de se quit­ter – pas sans se pro­mettre de se retrou­ver plus tard – quand Nath et Léa entrent en scène. La gare, tout comme le voyage, est un espace d’entre-les-deux, un envi­ron­ne­ment qui sym­bo­lise le pas­sage comme peu d’autres. Le pas­sage d’un état à l’autre, comme celui de l’a­do­les­cence à l’âge adulte dans le cas de Léa – si ce pas­sage-ci est bien sûr déjà accom­pli, c’est à la gare qu’A­lex s’en rend compte et qu’il découvre la femme qu’elle est deve­nue – et le pas­sage d’un domaine à l’autre. À savoir dans celui de Léa, dans sa mai­son d’a­bord, sous son empire ensuite, en pas­sant par la voi­ture qu’A­lex la laisse conduire, l’ayant même ins­tal­lée au volant, comme s’il se ren­dait d’a­vance, comme s’il avait com­pris dès le départ que toute résis­tance était vouée à l’é­chec. Il y aura d’autres pas­sages dans le texte, des pas­sages qui scellent le rap­pro­che­ment jus­qu’à conclure une liai­son indé­lé­bile. Le pas­sage entre les bras, et celui, ensuite, entre les cuisses de Léa. Qui se ferment sur un homme dont le des­tin a été déter­mi­né par la même Léa, des années aupa­ra­vant, quand celle-ci s’est décou­verte en amour avec l’a­mi de sa mère :

« J’ai convain­cu Maman de res­ter. Je suis hyper contente, je vais revoir Alexandre. Ça fait long­temps que je ne l’ai pas vu. Mais je ne l’ai pas oublié. Je me demande si je l’aime toujours. »

C’est l’a­veu fati­dique confié par Léa à son jour­nal et lu par Alex dans l’in­ten­tion de connaître ses pen­sées les plus secrètes… Alex qui n’a donc aucun scru­pule de s’in­tro­duire dans l’in­ti­mi­té de la jeune femme. De la vio­ler, cette inti­mi­té, pour­rait-on dire. Ce qui rend leur ren­contre encore plus inté­res­sante, l’une ayant déci­dé de séduire l’a­mi de sa mère, l’autre prêt à la trans­gres­sion ultime, conclue bien bien avant de se glis­ser dans son lit pen­dant qu’elle dort, bien avant de la bai­ser, bien avant de conce­voir cette idée de pré­da­teur, le pieu fiché bien au fond de ses cuisses grandes ouvertes :

Putain Léa tu m’appartiens, bor­del, tu es à moi.7

Il est fas­ci­nant de consta­ter à quel point le récit joue avec les pers­pec­tives et les idées reçues. Et que dire ce cette idée qui tra­verse le rai­son­ne­ment d’A­lex pen­dant qu’il est en train de bai­ser Léa au point de la faire cou­ler en lui infli­geant des

mou­ve­ments de vas et vient [sic] en elle [qui] font de plus en plus de bruit, comme si je jouais dans une flaque.8

« Jouer dans une flaque » – image tout droit tirée de l’en­fance quand les gosses s’a­mu­saient à sau­ter dans les flaques. Est-ce que c’est pour­tant l’en­fance qui perd toute inno­cence ici, ou est-ce qu’elle par contre rend l’in­no­cence à un acte qui si dan­ge­reu­se­ment se rap­proche d’un viol ?

Vous aurez com­pris que le roman laisse per­sis­ter un cer­tain flou autour des notions de mora­li­té, un flou que relève une lec­ture appro­fon­die et qu’on risque de lais­ser pas­ser inaper­çu obnu­bi­lé par à la mon­tée d’un désir ren­du d’au­tant plus aiguë par la cru­di­té sau­vage des scènes de baise auquel le roman nous laisse assis­ter en tant que témoins consen­tants. Et j’ose même dire que le rôle du lec­teur deve­nu voyeur ne se borne pas à regar­der, mais à acti­ve­ment sup­por­ter les deux amants et à deman­der tou­jours d’a­van­tage de cru­di­té, des péné­tra­tions encore plus pro­fondes, des étreintes encore plus sau­vages et des orgasmes d’une force qui ter­rasse toute vel­léi­té de repos voire de résis­tance face à cette femme-fille qui ne res­semble à rien autant qu’à la suc­cube, fan­tasme sexuel des âges où la sexua­li­té frô­lait le blas­phème. Lisez ou reli­sez un peu le pas­sage où Alex se réveille dans le lit de Léa et qu’il la découvre à côté de lui, en train de le contem­pler du fond de ses « deux billes brillantes dans la pénombre ». C’est un fan­tôme qu’on voit se lever, se rap­pro­cher et fina­le­ment s’emparer de sa proie :

Sa cuisse déjà sou­le­vée au-des­sus de ma jambe, comme pour m’avaler. Et son cou… Incli­né. Offert. Je la regarde comme on regarde quelque chose d’irréel. Quelque chose qui ne devrait pas être là. Et pour­tant… Elle bouge. Un glis­se­ment et son corps roule sur le mien.

Un pas­sage qui laisse le lec­teur – voyeur sus­pen­du aux gestes de la femme qui s’ap­prête à ava­ler son amant, à le consu­mer tout en consu­mant un acte pré­pa­ré depuis de longues années. Mais on le sait, le diable – ou plu­tôt le démon – se sert du temps pour nous conduire à notre perte… Et voi­ci ci qui arrive quand on se laisse séduire par un démon… Ou, pour mieux cer­ner la dyna­mique entre les deux, peut-être vau­drait-il mieux rem­pla­cer la « séduc­tion » par un « viol » ? Et avez-vous remar­qué com­ment, même dans un pas­sage qui rap­proche Léa d’un être mal­veillant et démo­niaque, le texte joue avec les pers­pec­tives en pré­sen­tant Léa comme pré­da­trice et proie en même temps ? Son cou est « incli­né » et « offert ». Comme celui de la proie du vam­pire qui y plan­te­ra ses canines. Mais c’est elle qui ici a le rôle actif, en rou­lant sur sa vic­time qu’elle fini­ra par englou­tir – pars pro toto – la « par­tie » étant ici bien évi­dem­ment la bite d’A­lex qui, en véri­té, n’at­tend que ça.

À lire :
Johann Zarca, Le Boss de Boulogne

Je vais très bien­tôt me taire, vous lais­sant le plai­sir de décou­vrir la suite du récit, de pas­ser avec Alex d’entre les cuisses de Léa à celles, grandes ouvertes et prêtes à accueillir le beau jeune homme du train, de Cla­ra, la superbe quin­qua qui a su arra­cher à Alex, sur le quai pen­dant que Nath et Léa lui fai­saient déjà des signes, la pro­messe d’un ren­dez-vous afin de se rat­tra­per en lui offrant à son tour un orgasme. Une ren­contre qui se pré­pare dans le doute et la conscience des dou­leurs à venir, et qui menace de consu­mer Alex dans une défer­lante de désir chauf­fé à blanc avec une femme qui res­semble à une confla­gra­tion de volupté :

Je suis en feu, tu es tel­le­ment belle.9

C’est tout ce qu’A­lex sait dire avant de céder et de sen­tir son sexe « se faire ava­ler à l’in­té­rieur d’elle »10. La robe de Cla­ra aurait peut-être pu l’a­ver­tir de ce qui l’attendait :

Elle appa­raît comme une flamme dans cet uni­vers de beige et de gris. Cla­ra porte une robe rouge.11

J’ai déjà eu l’oc­ca­sion de par­ler du savoir-faire d’une autrice qui ne se borne pas à nous des­si­ner des scènes de sexe d’une rare pas­sion, mais qui sait aus­si agen­cer les paroles et les entrées de ses per­son­nages afin de ména­ger et de pré­pa­rer les effets de ses mises en scène. Qui sait tout sim­ple­ment construire un texte. Et si j’ai pu me poser des ques­tions à pro­pos de l’é­pi­sode de Cla­ra conte­nu dans le pre­mier cha­pitre du pre­mier volume – au point de me deman­der si ce n’é­tait pas l’oc­ca­sion de pla­cer une nou­velle qui n’au­rait pas encore trou­vé sa place ailleurs – Camille Lys a trou­vé le moyen de rendre le récit encore plus com­plexe et plus atti­rant, comme si la tra­hi­son et la mise en scène d’un amour-pas­sion s’ex­pri­mant à tra­vers des séances de baise d’une force aus­si rare qu’inouïe ne suf­fi­saient pas pour mettre les lec­teurs sous le joug d’un art consu­mé. Non, il fal­lait en rajou­ter encore en intro­dui­sant une deuxième femme afin d’é­lar­gir le champ de bataille sur le ter­ri­toire du trio­lisme, des ren­contres saphiques et des coups de fouet de la jalou­sie et des remises en ques­tion. Le tout ren­du avec l’ex­quise finesse d’une autrice qui sait tenir les lec­trices et les lec­teurs en haleine, ren­dus accrocs par la force des paroles qui leur fait entre­voir de nou­veaux délices à chaque page qui se tourne.

Camille Lys
Rela­tion inter­dite (Vol. 1, Vol. 2)
Kindle Unli­mi­ted
ASIN : B0GZ59MF8C (Vol. 1)
ASIN : B0H1JGWD8C

  1. Les grandes s’y trouvent bien enten­du aus­si ! ↩︎
  2. Mine de rien, indé­cence ou pas, je viens d’ap­prendre qu’un troi­sième volume de Rela­tion inter­dite a été publiée et pas plus tard que le 11 sep­tembre 2026 : Rela­tion inter­dite 3 : Ils se sont choi­sis. ↩︎
  3. Camille Lys, Rela­tion inter­dite, vol. 1, pos. 377 ↩︎
  4. Camille Lys, Rela­tion inter­dite, vol. 1, Ama­zon Media, 2026, posi­tion 18 ↩︎
  5. Drôle de qua­li­fi­ca­tion, je le sais, et c’est en réflé­chis­sant à pro­pos du choix de cet épi­thète que je me demande si, dans le cas de Cla­ra, on peut fran­che­ment la clas­ser au second plan par rap­port à Léa. Tout ce que je veux dire, c’est que c’est Léa qui s’im­pose avec la force bru­tale de son désir et la féro­ci­té de sa sexua­li­té, au point de tout oublier après le pas­sage d’un oura­gan pareil. ↩︎
  6. Camille Lys, Rela­tion inter­dite, vol.1, pos. 6 ↩︎
  7. Camille Lys, loc. cit., pos. 1221 ↩︎
  8. Camille Lys, loc. cit., pos. 1206 ↩︎
  9. Camille Lys, Rela­tion inter­dite, vol. 2, pos. 297 ↩︎
  10. Camille Lys, Rela­tion inter­dite, vol. 2, pos. 297 ↩︎
  11. Camille Lys, Rela­tion inter­dite, vol. 2, pos. 243 ↩︎
Pirunae, Pony tail