Lec­tu­res esti­va­les 2017 – appel à tex­tes

Je viens de lire quelque part que les semaines noires de janvier et de février, avec leur lot de pluies verglaçantes, de bruine et de chutes de neige aussitôt tournées en boue, sont propices aux rêves de dépaysement qui sentent si bon le lait solaire et font remonter le souvenir de l'eau de mer et des plages. Cela me semble judicieux, à en juger d'après mes propres expériences et les projets que je viens de boucler pour l'été. Quoi qu'il en soit pour vous, mes chers lecteurs, pour le Sanglier littéraire, ce début d'année plongé dans le noir  est aussi et surtout l'époque de l'appel à textes pour l'édition 2017 des Lectures estivales. Et quel meilleur moyen pour doucement préparer le départ vers les terres trempées de soleil que de fignoler une petite liste de lecture avec des textes aussi chauds que torrides ?

Pour la cinquième fois consécutive, j'invite dans ma Bauge des auteurs de textes érotiques (voire pornographiques, dans la mesure où on veut encore y voir une différence) - édités sous quelque forme que ce soit, des maisons les plus prestigieuses jusqu'à l'auto-édité - afin de faire rimer la chaleur des corps avec celle du soleil. La seule condition étant, les aficionados le savent, que le texte ait un rapport avec les vacances - de préférence en bord de mer - illustration du grand dépaysement, de la mise entre parenthèses du quotidien, de l'éclosion d'une liberté trop souvent réprimée. Et quelle meilleure expression pour cette liberté que celle qui se moque des conventions, faisant appel aux pulsions ivres de s'exprimer au grand jour, sous un soleil qui brûle jusqu'à la moindre réticence ? Franchement, chers lecteurs, je bave rien qu'à penser à la chair qui s'étale sur le sable chauffé à blanc, aux corps à peine vêtus qui trempent dans l'eau, à l'odeur du lait solaire qui se dégage des peaux bronzées, au goût du sel qu'on ramasse en léchant jusqu'aux moindres replis des sexes qui se trempent et se dressent…

Bon, je pense que vous avez maintenant assez d'indices pour vous faire une idée de ce qu'il me faut. Et puis, ne l'oublions pas, c'est le premier petit anniversaire de mes Lectures estivales, imaginées en 2013 quand, faute d'argent, j'en étais réduit à faire appel à ma seule imagination pour entendre le bruissement des vagues et pour contempler les rayons de soleil se briser dans les gouttes d'eau sur les corps en train de sécher sur leurs serviettes.

Les Lectures estivales 2017 se placent sous le signe de Golov, Nihiliste naturiste et grand-maître du crayon.
Les Lectures estivales 2017 se placent sous le signe de Golov, Nihiliste naturiste et grand-maître du crayon.

Comme chaque fois depuis maintenant cinq ans, les Lectures estivales se placent sous la protection graphique de Golov, Nihiliste naturiste doublé d'un illustrateur hors pair qui entonne le plain-chant du littoral du Roussillon et dont le crayon sait rendre, avec une apparente légèreté, la beauté féminine telle qu'elle s'étale sous le soleil méditerranéen. Au point qu'il faut croire que, sous la main de Golov, le crayon prend des allures de baguette et que le monde retrouve, pour quelques instants, une sorte de beauté primitive, où la plus haute aspiration serait celle de lécher un sexe bien juteux et de faire sombrer le partenaire dans un gouffre orgasmique. À moins, évidemment, de le faire grimper aux rideaux 😉

Alors, pour me faire parvenir vos propositions, le plus facile est de remplir le formulaire ci-dessous. À moins que vous préfériez me faire un petit coucou sur les réseaux sociaux (via @tomppa_28 sur Twitter ou sur la page du Sanglier littéraire sur Facebook). Et merci d'avance, de la part du Sanglier et de celle de la belle Baigneuse, pour le temps consacré aux Lectures estivales - que j'espère radieuses !

Pour explorer les éditions antérieures des Lectures estivales, c'est par ici : Les Lectures estivales du Sanglier.

 

 

Anne Vas­si­viè­re, Par­ties com­mu­nes

La Musardine a décidé de lancer, le 16 mars, une collection littéraire tout au féminin dont le titre peut apparaître, avec un certain charme insidieux, comme un condensé de sa ligne éditoriale : "• G". Destinée à un public féminin, Octavie Delvaux, la directrice recrutée dans les rangs des auteurs de la maison, tient à préciser que seules les femmes auront droit de cité dans le catalogue : "Une collection pour les femmes par les femmes", selon la formule magique de la directrice, qui affirme aussi que "toutes nos auteures doivent être des femmes, des vraies". Formule aux résonances d'abord quelque peu bizarres, mais qui se comprend dans la mesure où elle scelle la volonté d'exclure du bercail les hommes écrivant sous pseudonyme féminin. Ceci est un phénomène assez répandu à l'ampleur bien entendu difficile à estimer, mais assez large sans aucun doute pour fausser la perception de ce que peut être un érotisme au féminin et quel est au juste le rôle des autrices dans le développement de la littérature érotique. D'autre part, Mme Delvaux, dans sa Note d'intention, prend soin de positionner la nouvelle collection à contre-courant par rapport à ce qu'il est convenu d'appeler "romance érotique", une volonté qui n'est pas sans déplaire à votre serviteur, contempteur avéré de ce genre par trop gluant :

"je ne suis guère amatrice de romance ou d’érotisme guimauve, et j’ai pu constater, en œuvrant en sens inverse, c’est-à-dire en parlant crûment, sans excès de romantisme ou surabondance de prince charmant, que le lectorat féminin pouvait aussi être réceptif à une littérature érotique qui ne prend pas de pincettes pour décrire les actes sexuels." (Passage mis en relief par Mme Delvaux)

L'honneur d'ouvrir cette collection revient à Anne Vassivière,  autrice inconnue au bataillon qui contribue un texte difficile à classer, tout en changements de perspectives, et à l'intitulé particulièrement bien adapté à son propos, Parties communes. Initialement publié en auto-édition chez lulu.com, en 2011 ou en 2015 - difficile de trancher, en l'absence d'une notice dans le catalogue de la BnF, quand Google et Amazon n'arrivent pas à se mettre d'accord à propos de la date de publication -, ce texte raconte les aléas des habitants d'un immeuble haussmannien en mettant l'accent sur les relations charnelles qui se font et se défont au gré des pages et des rencontres. Autrement dit, ça baise ferme côté cour et côté rue, au point où on pourrait imaginer que ces gens-là, ils ne font que ça.

Le texte a sans doute bénéficié d'une certaine attention de la part de ses nouveaux éditeurs avant d'être admis dans la nouvelle collection, et les vestiges de la première édition conservées par la toile - et notamment par Amazon - permettent d'affirmer que cette relecture a bien profité au roman - en se rappelant toutefois que cette affirmation ne peut se baser que sur les quelques pages accessibles en aperçu à travers la fonction "feuilleter" du libraire de Seattle. On constate, outre le changement du nom de famille des propriétaires - qui, en cours de route, ont perdu leur particule - et la suppression de deux locataires, un style plus léger et une prise en main plus résolue des personnages et des situations de la part de l'autrice, preuve que les années passées entre les deux éditions ont été mises à profit.

D'une version à l'autre : L'immeuble de "Parties communes" d'Anne Vassivière
À gauche, l'immeuble et sa faune dans la version originale publiée en 2011 (ou 2015), à droite la version de La Musardine, de 2017. On constate le changement de nom des propriétaires et la suppression de deux parties (Gustave et LA voisine).

Le propos de Parties communes, c'est donc de mettre sous le microscope la faune humaine d'un immeuble haussmannien, ses locataires et ses propriétaires, de zoomer sur les relations qui se tissent entre les parties concernées avec, érotisme oblige, un rôle prépondérant pour les parties de - jambes en l'air. Le procédé choisi par Anne Vassivière est aussi simple qu'efficace : Les différents personnages prennent la parole, les uns à la suite des autres, le temps de quelques phrases, de quelques paragraphes parfois, ouvrant une perspective sur la situation dans laquelle ils se trouvent et de leur ressenti vis à vis de celle-ci. La plupart du temps, la narration procède à la façon d'un dialogue - par réflexion interposée - et les deux participants se relaient dans leurs observations, leur façon de voir et de comprendre ce qui se passe, ce qui donne lieu à des confrontations parfois très spéciales, donnant du fil à retordre au lecteur qui peut en déduire à quel point une seule et même situation peut se présenter sous une lumière tout à fait différente en fonction de la personne qui y évolue. Parfois, on se comprend ; parfois, on se laisse flotter au gré des courants pour débarquer entre les bras - et les jambes - de l'élu(e) ; parfois - très souvent - il y a des malentendus, des quiproquos, des méprises qui font sourire, éclater de rire - gras ou jaune la plupart du temps -, grincer des dents, pleurer - de rage souvent, de tristesse parfois. Difficile de faire le tour des émotions que l'autrice sait réveiller d'un coup de baguette, avec une singulière parcimonie de paroles, et sans jamais trahir ses personnages.

C'est un procédé particulièrement efficace quand il s'agit de se rendre compte de la validité de ses propres observations, de remettre en question toutes les approches, toutes les évidences, pour comprendre à quel point la vérité (ou ce qui passe pour telle) évolue au gré des réflexions et des expériences qu'on apporte à une situation donnée. À l'issue de cette lecture, on se pose bien des questions, on assiste, impuissant, à l'envol de toutes les certitudes et on aimerait vraiment savoir ce qui se passe dans la tête de l'autre. Est-ce qu'on est tout seul à se faire un cinéma ? Est-ce qu'il y a un rapport - quelconque - en dehors de celui des parties ? Une chose est certaine, si vous êtes un peu trop imbu de votre personne et de l'importance que vos attentions peuvent avoir sur votre bien-aimé(e), je vous conseille très vivement une session de reality check avec Anne Vassivière. Mais attention, vous risquez de tomber de haut !

Les personnages, faussement rassurés par le sentiment d'être à l'abri dans leurs crânes avec leurs réflexions et de pouvoir tisser leurs projets en catimini, se placent sous les projecteurs où ils révèlent jusqu'à la moindre de leurs failles, mettant à nu les ressorts qui les font bouger, les bassesses qu'ils complotent, les trahisons qu'ils préparent, mais parfois aussi les élans dont on les aurait cru incapables, petits vers inconséquents grouillant dans la boue d'une humanité pourrie. Et voici le contexte dans lequel Anne Vassivière a pondu une des plus belles interrogations pré-coïtales que j'aie jamais pu lire :

"Est-ce que je vais pas me faire un lumbago si je la saute dans une position tordue ?" (Chap. 15, Mec II)

Anne Vassivière nous fait voir de toutes les couleurs, à travers les aventures et les réflexions de sa petite troupe, et comment trancher entre, d'un côté, désespoir et pitié, entre l'envie de leur couper - à tous ! - les couilles et de leur arracher les ovaires, et la pulsion, de l'autre, de verser de chaudes larmes sur le sort et la minable condition humaine de ces écorchés de la vie ?

Si l'autrice excelle dans les observations psychologiques, dans la peinture d'une humanité prise au piège du quotidien et de la solitude, les amatrices de la bagatelle n'en sont pas pour autant pour leurs frais. Les habitants de notre immeuble y pensent à longueur de journée et ne se privent pas de conclure à chaque fois que les circonstances s'y prêtent. Et qu'il suffise de citer la scène de baise épique qui réunit, au chapitre 13, Lili et Ben dans une chevauchée de tous les diables, prélude à une initiation poussée de la jeune femme auquel le lecteur assiste comme à travers les interstices d'une jalousie tirée sur la vie des acteurs.

Avant de conclure de mon côté, je me permets d'attirer l'attention de mes lecteurs sur un petit côté délicieusement méchant du texte, à savoir une mise à mal de ces connards d'auteurs qui aiment tellement s'imaginer en nombril du monde avec leurs philosophie à la con et à même pas deux balles :

"si la rareté fait la valeur il y a plein de petites bites de son genre partout dans les rues de Navarre ou d’ailleurs c’est même pas un bon coup et il paraît qu’il s’est aussi mis à taquiner la muse de l’écriture c’est juste deux ados à l’hygiène douteuse qui se sont trouvés pour griffonner des trucs nuls ensemble et se persuader qu’ils sont le nombril incompris du monde, c’est tout." (Chap. 9, Michèle)

Quel plaisir que de déguster ces remarques de Michèle, l'ancienne et délaissée amante de Thibault (et par cela peu encline à la modération voire à la neutralité), confrontée au fait de voir sa sœur cadette l'emporter haut la main (chapitre 9) et s'envoyer en l'air avec son ex. Ce n'est rien moins qu'un régal de pouvoir assister au massacre des ébats poétiques et de toutes ces inepties héritées d'une certaine poésie à la sauce romantisante. Massacre qui se répète et se poursuit dans les monologues au lyrisme écœurant du "Jeune homme (5e côté rue)", l'amant futur de la proprio auquel l'autrice refuse jusqu'à l'honneur d'un nom.

Il convient de féliciter Octavie Delvaux et toute l'équipe de la Musardine pour un démarrage aussi prometteur de leur nouvelle collection et pour la révélation au public d'une autrice du calibre d'Anne Vassivière. Parties communes porte un regard désabusé sur la condition humaine, sans pour autant oublier qu'il s'agit d'hommes et de femmes qui se battent pour leur once de bonheur - qu'ils n'obtiendront sans doute jamais. Le rire - moqueur, jaune, libérateur - s'y mêle à une consternation teintée à tour de rôle de pitié et de colère. Peu importe que cette nouvelle collection s'adresse principalement aux femmes, je recommande aux hommes aussi de surveiller de très près ce qui s'y passe afin de ne pas rater - et sous aucun prétexte - les merveilles que Mme Delvaux est sans doute en train de nous concocter !

Un seul souhait qui me reste à formuler : Dans une collection qui se revendique à un tel point d'une sexualité féminine assumée, qui s'adresse à un public féminin, et dont la directrice souligne avec verve la vocation féministe, on aimerait voir les responsables renoncer au terme "auteure" bêtement calqué sur le masculin sans le moindre égard pour l'histoire de la langue française, et rendre son honneur à la fière désignation tombée en désuétude depuis les assauts des Académiciens du XVIIe siècle, une désignation qui convient à merveille aux femmes qui écrivent et qui sont tout simplement - des autrices.

Parties communes Couverture du livre Parties communes
Anne Vassivière
Fiction / érotisme
La Musardine
16 mars 2017
256

Paris un immeuble haussmannien dont la façade est en ravalement.

Poussez la porte, regardez par le trou de la serrure…

Derrière leur apparente respectabilité, les habitants cachent de nombreux secrets. Venez faire l’état de lieux très coquin des couples qui s’y forment, s’y conforment ou s’y déforment au gré des désirs.

Découvrez la transformation touchante de Nadège, la très catholique propriétaire de l’immeuble, l’évolution de Jean-Do, l’ancien pompier bellâtre et macho, maladivement infidèle, les pratiques curieuses du Docteur Dubois, gynécologue, l’idylle entre Marie, la pédopsychiatre frustrée et Jo, le beauf qui cache une douleur secrète et profonde, l’initiation de l’étudiante du dernier à des plaisirs extrêmes…

Une fois le livre refermé, vous ne regarderez jamais plus vos voisins comme avant !

Pier­rot Sep­ti­me, Mireille, l’initiatrice (Jérô­me et les cou­gars, t. 1)

On le sait depuis déjà belle lurette, le Sanglier, pour assouvir sa soif de lectures érotico-pornographiques, n'hésite pas à s'aventurer sur des terrains parfois peu recommandables, comme l' "Enfer" numérique des rayons Kindle où un grand nombre de textes aux titres racoleurs s'exposent sous les yeux avides des potentiels clients. On peut avoir l'impression que c'est là que la littérature perd jusqu'aux derniers vestiges de son innocence, faisant appel au souvenir des bonnes vieilles cabines masturbatoires des salles de cinémas d'arrière-cour et rendant en même temps un témoignage indécent des aspirations "Chantilly" de leurs auteurs respectifs. Le problème, c'est évidemment de trouver dans cette masse indigeste les quelques rares auteurs ayant gardé un semblant de sérieux, prêts à troquer un vrai texte contre nos euros durement gagnés. Pas évident dans un environnement où on vous demande facilement 2,99 € en échange d'une petite dizaine de pages mal ficelées. Mais qui a jamais dit que le métier de chroniqueur littéraire de textes porno était facile ? Me voici donc une fois de plus en train de vous présenter une des perles arrachées aux bas-fonds d'Amazon - le terme perle étant d'ailleurs tout ce qu'il y a de plus relatif, comme vous n'allez pas tarder à le découvrir. Voici donc Mireille, l'initiatrice, première partie de la série Jérôme et les cougars, signée Pierrot Septime.

Il est devenu banal de constater que les cougars tiennent le haut du pavé, au même titre au moins que les MILF, et ceci est sans doute, au moins en partie, le reflet d'une réalité de plus en plus répandue et de plus en plus visible, à savoir la meilleure conservation des corps - et des envies qui s'y rattachent - depuis que de larges couches de la population ont accès à de meilleurs traitements et que la prise de conscience quant aux besoins de nos composantes physiques a abouti à une volonté manifeste de bien se soigner. Et ce n'est pas pour rien qu'on entend clamer un peu partout que « 60, c'est le nouveau 40 ! » Il suffit de se promener dans les rues d'une de nos grandes villes pour constater cette transformation bienvenue qui promet une extension considérable des années que nous pourrons consacrer aux plaisirs. En attendant donc l'âge d'or des GILF, voici Mireille, une séduisante quadra qui n'a aucune intention de se priver de jeune chair (ce qui est quand même, rappelons-le, la principale caractéristique de la cougar !).

L'intrigue de ce texte d'une quarantaine de pages  ne présente aucune particularité et se raconte en vitesse : Jérôme, petit jeune de 18 ans qui s'apprête à entamer des études de médecine, est obligé d'accompagner ses parents pour assister à une réunion de classe de ces derniers. Étant le seul "jeune", il se fait vite remarquer par Mireille, quadra revenue il y a peu de l'Afrique où elle a accompagné son mari. Cette dernière se révèle être une femme libérée habituée à prendre son plaisir là où il se trouve, au plus grand bonheur du jeune homme près de découvrir la jouissance que seuls l'expérience et un corps épanoui sont en mesure d'apporter. Le récit de Jérôme et de Mireille se double de celui de Mireille et de son mari qui ont découvert, après que l'ennui menaçait de s'installer dans leurs relations, les joies de l'échangisme assaisonnées d'une pincée de candaulisme.

Si le récit est plutôt bien construit, principalement pour ce qui est, d'un côté, des passages ouvrant des perspectives alléchantes sur les rencontres futures de notre jeune héros (la présence de Marguerite, sa voisine de table un peu "rondelette", et la perspective d'un séjour chez son oncle et la jeune femme de celui-ci) et, de l'autre, des récits imbriqués - celui de Jérôme au mariage, et celui des aventures de Mireille racontées par elle-même -, il n'en est pas de même d'un point de vue linguistique et grammatical. On trouve, dans Mireille, l'initiatrice, un usage bien exagéré de la parataxe qui aboutit à des enchaînements peu élégants qui font parfois penser à une mécanique mal huilée, le tout accompagné de coquilles bien trop nombreuses dont certaines font presque hurler de rage. Mais comment attendre autre chose d'un texte qui pousse le vice jusque à placer une belle coquille en pleine vue sur la couverture : Mireille, l'intiatrice [sic] ?

Quant à la parataxe, si de telles constructions peuvent évidemment, sous une plume experte, séduire par un certain appel à la simplicité, elles dérangent, chez Pierrot Septime, par leur banalité maladroite. En même temps, on sent l'auteur peu à l'aise avec les usages des temps du récit, ce qui laisse une impression peu favorable, et le lecteur a trop souvent le malheur de buter contre un agencement peu élégant.

Malgré tous ces défauts, le texte peut se déguster avec un certain plaisir, grâce surtout à la passion de l'auteur qui s'exprime à chaque fois que celui-ci a l'occasion de parler des femmes cougars, des passages dont se dégage tout le bonheur qu'on peut ressentir à l'aspect de la chair épanouie de cette féminité conquérante. C'est grâce à de tels passages qu'on se surprend à considérer l'acquisition des tomes supplémentaires, tout simplement pour passer des instants agréables, plongé dans une lecture qui ne demande aucun effort et qui promet quand mêmes des échappés bienvenues pour se libérer la tête et donner libre cours à ses pulsions peu avouables. Si on n'y trouve pas la sexualité sauvage et dévorante qu'un Ambre Delatoure sait exprimer de façon si magistrale dans sa série Entre de bonnes mains, série dont le personnel n'est pourtant pas sans rappeler celui de Jérôme et les cougars, on peut quand même y trouver un certain bonheur. Et celui-ci ne se néglige absolument pas.

Mireille, l'initiatrice Couverture du livre Mireille, l'initiatrice
Jérôme et les cougars
Pierrot Septime
Fiction / érotisme
auto-édition
21 janvier 2015
Fichier Kindle
47

Jérôme, qui vient d’avoir son bac, se retrouve bien esseulé dans cette réunion d’anciens élèves à laquelle l’ont contraint de participer ses parents. Il avait tant rêvé de cette journée qu’il aurait pu passer avec Annie, sa petite amie. Ils auraient pu profiter de la maison désertée par les parents.

Aucun jeune de son âge à qui se raccrocher. Son père retrouve un ami qu’il n’avait pas vu depuis au moins 15 ans ; Mireille, l’épouse de cet ami, est un peu comme Jérôme, elle ne connaît personne dans cette bonne société. Elle pourrait être sa mère mais la solitude va les amener à se rapprocher. Et pour se rapprocher, ils vont se rapprocher…

Otto Freund­li­ch, expo­si­tion du Musée Lud­wig de Colo­gne

Otto Freundlich, The Unity of Life and Death, 1936 - 38
Otto Freundlich, The Unity of Life and Death, 1936 - 38. Crédit : MoMA

On ne peut pas dire qu'Otto Freundlich soit inconnu au bataillon, ses peintures et ses sculptures étant présentes dans des collections qui comptent parmi les plus remarquables du monde de l'art, comme celles, par exemple, du MoMA ou du Musée National d'Art Moderne à Paris, mais rares sont ceux qui le citeraient, à côté de noms infiniment mieux connus comme Kandinsky ou Malévitch, comme un des fondateurs de l'art abstrait. Et le silence qui l'entoure toujours - malgré une présence certaine de l'artiste à travers deux grandes expositions, en 1978 à Bonn et en 2009 à Pontoise, malgré le début de réalisation d'un projet initié par lui et sa compagne Jeanne Kosnick-Kloss, celui de deux Routes de la Sculpture traversant le continent d'est en ouest et de nord en sud - ce silence étonne toujours, et d'autant plus que le parcours à travers l'exposition organisée par le Musée Ludwig de Cologne en coopération avec le musée Tavet-Delacour de Pontoise, dépositaire depuis 1968 de la donation Freundlich, montre de façon pertinente et immédiatement accessible la richesse et la diversité de sa production artistique.

Jaquette de l'exposition Otto Freundlich, 2009 à Pontoise
Jaquette de l'exposition Otto Freundlich, 2009 à Pontoise.

Mais comment s'en étonner ? Un artiste qui a pris part à la révolution qui, en novembre 1918, a sonné le glas pour l'Empire allemand ; un artiste qui a fourni, bien malgré lui, le frontispice du catalogue qui accompagnait la mise au pilori que fut l' "exposition" de l'Art dégénéré organisée par les Nazis en 1937 ; un artiste que son engagement politique rapprochait de la gauche communiste et qui n'hésitait pas à traduire son engagement en art, quand il parlait, par exemple, de "communisme cosmique" ou quand il donnait à une de ses peintures, en 1933, le titre sans doute par trop proclamateur Mon ciel est rouge ? Il faut croire que c'était mal parti pour une reconnaissance posthume d'un tel trublion et que le public allemand d'après-guerre préférait passer en silence sur un artiste dont l'assassinat dans un des camps de la mort en 1943 aurait été capable de bouleverser les consciences et de déranger par un tapage mal venu l'ambiance de plomb qui pesait sur la société de la jeune République fédérale. Ce qui n'a pas empêché la ville de Cologne d'admettre, en 1954, une de ses plus belles réalisations dans le nouveau bâtiment de l'Opéra, un des projets les plus prestigieux des années d'après-guerre réalisé par l'architecte Riphahn : La naissance de l'Homme, un mosaïque réalisé en 1919 et très récemment restauré, à l'occasion de son transfert de l'Opéra en cours de rénovation au  musée Ludwig, une œuvre qui a survécu aux années fascistes et aux bombes de la Guerre dans une remise où l'avait reléguée son propriétaire. Il faut avoir vu l'éclat de ses couleurs pour se faire une idée de l'improbable optimisme de l'artiste un an à peine après une guerre sanglante. C'est que l'avenir s'annonçait sans doute heureux, perspective qu'il faut sans doute placer dans le contexte de la révolution d'octobre et du sursaut d'espoir que celle-ci avait initié. Espoir cruellement trompé, tant pour le monde en général que pour notre artiste en particulier.

Otto Freundlich, La naissance de l'homme (1919)
Otto Freundlich, La naissance de l'homme (1919)

Pour ce qui est de la présence de l'artiste dans la mémoire allemande, puisse-t-il suffire de citer l'enthousiasme qui accompagna la "redécouverte" il y a quelques mois de la mosaïque, pendant longtemps reléguée dans un endroit peu fréquenté de l'Opéra avant d'en sortir sous le feu des projecteurs pour être intégrée à l'exposition actuelle. On a eu l'impression d'assister à des fouilles archéologiques permettant de refaire surface à une époque révolue de l'Histoire ancienne …

Après ses débuts consacrés à l'art figuratif, Otto Freundlich s'est engagé, depuis au plus tard 1911, dans la voie de l'abstraction, pratiquement en même temps que les pères-fondateurs du courant qui allait si profondément marquer l'art du XXe siècle, et ce sont ses tableaux non-figuratifs qui constituent comme une image de marque de l'artiste s'imposant à quiconque lance une simple recherche sur internet. Mais l'abstraction n'est qu'une partie du parcours exceptionnel de cet artiste qui mérite bien mieux que la niche qu'on consent aujourd'hui à lui laisser. Oscillant entre abstraction et peinture figurative, il s'est essayé dans des domaines de l'art auxquels rien ne semblait le prédestiner, comme par exemple la création de vitraux pour églises ou la réalisation de sculptures censées parcourir les axes du continent. À coté de ces activités artistiques concrètes, il est aussi l'auteur d'écrits théoriques d'une grande complexité qui témoignent de son niveau de réflexion.

Otto Freundlich, Vitrail pour église (1924)
Otto Freundlich, Vitrail pour église (1924)

Après avoir vécu dans la pauvreté, cet artiste véritablement européen, à vocation universelle, est mort assassiné par les fascistes. Aujourd'hui, c'est en grande partie grâce au musée Tavet-Delacour, légataire du fond de ses œuvres restés dans son atelier après son internement, que l'héritage de Otto Freundlich n'est pas abandonné aux hasards des découvertes au gré du goût à l'ordre du jour. Celui qui a pu découvrir, grâce à ce travail obstiné, l'extraordinaire richesse d'un artiste trop peu célèbre, n'a qu'à les remercier du fond du cœur !

Avant de terminer, j'aimerais vous proposer mon coup de cœur bien personnel, une gravure sur bois qui, si elle n'est sans doute pas très typique du style de la maturité artistique de Otto Freundlich, semble faire un grand pas en avant vers l'art d'après-guerre des comic books, celui des Watchmen en particulier, auxquels il tend la main à travers l'abîme où bouillonnent la guerre et l'assassinat :

Collage : Otto Freundlich, Tête (1919) ; Dave Gibbons, Doctor Manhattan, Watchmen (1986 / 87)
Collage : Otto Freundlich, Tête (1919) ; Dave Gibbons, Doctor Manhattan, Watchmen (1986 / 87). La ressemblance entre les deux personnages est frappante, jusque dans les détails de l'exécution. Je me permets aussi de diriger l'attention de mes aimables lecteurs sur le cercle ornant le front du docteur Manhattan. On retrouve le même symbole cosmique sur celui de la Tête anonyme de l'artiste allemand.

Communisme cosmique, exposition consacrée à Otto Freundlich, se tient au Musée Ludwig de Cologne jusqu'au 14 mai 2017, avant de se poursuivre au Musée d'art de Bâle où elle sera accessible du 10 juin au 10 septembre 2017. L'équipe du Ludwig a réalisé une vidéo où le directeur, M. Dziewior, explique l'importance de cet artiste et de son oeuvre dont la beauté continue à éblouir les visiteurs :

Otto Freundlich. Kosmischer Kommunismus. 18.02.2017 – 14.05.2017 (German w/ Engl. sub.) from Museum Ludwig on Vimeo.

Ot­to Fre­undlich. Kos­misch­er Kom­mu­nis­mus.
Ju­lia Frie­drich
6 mars 2017
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E.T. Raven, Ama­bi­lia – édi­tion papier

On sait que le Sanglier est un inconditionnel de la publication en numérique et qu'il adore plonger son groin dans les catalogues des petits éditeurs indépendants. Et on conçoit qu'avec de telles préférences, l'auto-édition s'est très vite invitée dans la Bauge littéraire. Celle-ci m'a réservé, la plupart du temps, des surprises des plus agréables, certains auteurs ayant même pris un envol considérable depuis, comme Agnès Martin-Lugand qui a débuté son parcours avec une modeste version Kindle de ses Gens heureux.

Avide de découvertes, j'ai croisé, un beau jour, la route d'un duo d'auteurs, E.T. Raven, qui venait de sortir une BD érotique - en auto-édition numérique. Les rencontrer et acheter le premier volume des aventures d'Iris et de Thomas ne furent qu'un, et voici le début d'une belle histoire. Fidèle chroniqueur des péripéties d'Amabilia, quelle ne fut pas ma surprise quand Éloïse et Thomas me proposèrent de rédiger une préface pour la version papier de leur bande dessinée que Dynamite - la marque cul de La Musardine qui avait entre-temps offert le couvert à Iris et sa compagnie délurée - s'apprêtait à sortir. Il va sans dire que j'ai aussitôt accepté cette proposition, et que c'est pour moi un honneur que d'avoir fait un bout de chemin avec ces deux auteurs - dessinateurs tout ce qu'il y a de plus extraordinaires - jusqu'à cette consécration que représente toujours, dans le monde de la bande dessinée, une édition en album.

J'invite donc mes lecteurs, si ce n'est pas encore fait, à découvrir l'univers d'Iris, de Thomas, de Charlotte, d’Éva et de tous les autres, et à vous laisser absorber par un univers imprégné d'érotisme où les raffinements de la plume et de la parole ne connaissent pas de limites. En librairie à partir du 16 mars 2017 !

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici les liens vers les articles consacrés aux trois premiers tomes parus séparément :

Quant à votre serviteur, il vient de recevoir un cadeau qui le comble davantage encore que la lecture d'Amabilia - et ce n'est pas peu dire.

Éloïse et Thomas
Quand Éloïse dit merci au Sanglier littéraire 🙂
Amabilia Couverture du livre Amabilia
E.T. Raven
Bande dessinée érotique
Dynamite
16 mars 2017

Tous deux invités à un cocktail mondain, Iris et Simon s'ennuient. Mais dès que leurs regards se croisent, une tension érotique les saisit. Eux qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam vont passer la plus belle nuit d'amour de leur vie. Séparés par le quotidien, ils n'auront plus qu'une idée en tête : se retrouver pour prolonger le plaisir. Et ça n'est pas Charlotte, la colocataire lesbienne et délurée de Simon, dont on suivra les pérégrinations sexuelles, qui condamnera les pulsions du jeune couple...

Camil­le B., Mary­se est infi­dè­le

Maryse est donc infidèle. Certes, mais il n'y a pas que ça. Elle triche, elle  ment, elle séduit, tout pour se construire un jardin secret où sa rose peut s'épanouir à l'abri des regards trop curieux, et ceux de son mari en particulier. Et puis, elle jouit à n'en plus finir. Vous aurez compris, chers lecteurs, qu'une telle femme a tout pour plaîre à votre serviteur : un corps épanoui de femme mûre (la quarantaine), une imagination fertile, des remises en question qui ne l'empêchent pas de franchir le cap avec un courage et une énergie presque exemplaires, et une ingénuité qui, doublée d'une indécence à toute épreuve, la rend tout simplement - irrésistible. Attention pourtant : Avant de pouvoir goûter à ses charmes, il faut passer par une vallée très peu amène, à savoir un début de texte tout sauf brillant.

J'ai acheté Maryse est infidèle, petit texte d'une soixantaine de pages signé Camille B., il y a quelques mois, et depuis, malgré une couverture et un titre prometteurs de quelques heures de plaisir volées au train-train de mes journées, je n'ai pas trouvé le temps de me laisser séduire. La belle brune de la couverture a donc eu le temps de me narguer à chaque fois que je lançais ma liseuse ou mon appli Kindle, jusqu'à ce que finalement je cède au chant de cette sirène persévérante qu'on devine nue sous les draps. Est-ce à cause de cette attente prolongée que je me suis cru dans l'obligation de faire preuve de patience et que, confronté à des longueurs, un usage parfois assez particulier des temps du récit et une intrigue qui mettait du temps à démarrer, j'ai pourtant résisté à la tentation d'aller voir ailleurs ? Quoi qu'il en soit, je ne regrette aucunement d'avoir fait preuve de patience. Parce que la suite des aventures de Maryse est des plus délicieuses et on est presque surpris, après les imperfections du début. de se trouver sous le charme de la belle, au point d'exiger une suite de ses expéditions en terres lubriques (Vous m'entendez, Camille B. ?).

L'intrigue n'a rien de très particulier : Une femme d'un certain âge, prise au piège des habitudes acquises au cours d'une vie trop tranquille avec son rythme qui inéluctablement s'installe, croise un homme capable de faire résonner les cordes qu'il faut pour réveiller une sensualité endormie sous la poussière des années. Mais le réveil est d'autant plus fulgurant que le sommeil a été long, et Maryse se trouve prête à céder à des propositions qui dépassent le cadre de ce qu'on peut attendre d'une femme après tout très comme il faut. Après une première folie commise dans les bras du séduisant Marc, elle consent à des débuts de soumission avant de se laisser tenter par un triolisme aux allures candaulistes et des échappés en club libertin. On vous a avertis, rien de très particulier dans le récit de Maryse, mais cela n'empêche pas cette petite personne d'apparence si ordinaire, cette femme qui n'a pas honte de ses doutes et de ses remises en question, d'aller vers l'aventure et de dégager un charme auquel il n'est pas facile de se soustraire.

Je crains seulement qu'une partie des lecteurs, peu patients et sollicités de partout, ne fassent demi tour avant d'avoir seulement eu l'occasion de tomber sous le charme. C'est un risque qu'on voit l'auteur courir quand il se sert de façon quelque peu malhabile du jeu des perspectives, procédé en principe capable de pimenter un récit érotique en donnant plusieurs versions d'un seul et même événement tel qu'il peut être perçu par des personnes différentes - et on imagine facilement combien un texte érotique peut gagner en mettant le lecteur dans la peau des personnages respectifs ! Peu rodé sans doute à l'art de capter l'attention de ses lecteurs, Camille B. commence par une version censurée des faits, en l'occurrence la confession qu'Olivier demande à Maryse de ses rendez-vous avec Marc. Malheureusement, cette confession, faite en plus dans une situation censée émoustiller l'intéressée, ressemble plutôt à une énumération d'une liste de courses qu'au récit d'une aventure érotique :

"Il a sorti sa bite de son pantalon pour que je le suce, j'ai compris qu'il voulait que je le fasse éjaculer, je le branlais et je le suçais, c'était bon, oui je suis une salope, j'aime sucer des bites..."

Confronté à une absence aussi flagrante de passion, on réprime à peine un bâillement. Et ce n'est qu'après coup qu'on comprend les intentions du personnage. L'ironie, c'est que c'est précisément la deuxième version des faits, délivrée ultérieurement par une femme possédée par l'envie de jouir, qui donne une idée beaucoup plus flatteuse de ce dont Camille B. est capable, mais ce deuxième récit se fait attendre. Et je ne sais pas combien de lecteurs auront lâché l'affaire avant d'arriver au point de non-retour.

Toutes ces imperfections - et elles sont  nombreuses dans la première partie du texte - n'empêchent pas Camille B. de trouver des phrases délicieuses pleines de charmes, et des situations cocasses que Maryse apprend à maîtriser et - plus tard - à amener. Comment ne pas adorer le comique d'une situation comme celle où Olivier, maître en herbe, comprend que sa femme n'est pas opposée à l'idée de pimenter leurs relations par une dose de soumission :

"Mais il [i.e. Olivier] ne savait pas comment il allait gérer la soumission de sa femme, fallait-il un contrat, des accessoires ?"

Ou celle, plus cocasse encore, ou c'est le nez fin du mari qui permet à celui-ci de se rendre compte de l'infidélité de sa femme :

"Olivier commença à lui lécher le sexe, c'était bon, elle était toute douce et déjà très humide et elle sentait... Le latex... Il plongea ses narines dans son sexe pour vérifier..."

Il ne serait sans doute pas faux de dire que c'est, une fois encore, le rire qui sauve le texte et qui pousse le lecteur à continuer, parce qu'un auteur capable de placer ses personnages sous une lumière aussi absurde, il doit assurément disposer d'autres atouts, et comment lui refuser l'occasion de s'en servir ? Pour ce qui est de Camille B., il a réussi à me rendre accro à sa Maryse, et j'aimerais connaître la suite de ses aventures afin de sombrer avec elle dans l'indécence de ses aventures.

 

Maryse est infidèle Couverture du livre Maryse est infidèle
Camille B.
érotisme
auto-édition
8 septembre 2016
67

Maryse est mariée depuis 20 ans à Olivier, un homme qu’elle a toujours aimé et qu’elle n’a jamais trompé, mais qui la délaisse de plus en plus. Un jour elle rencontre Marc avec qui elle a une aventure, son mari s’en aperçoit mais au lieu de la quitter, il va lui ordonner de continuer sa relation. Après chaque soirée avec son amant, elle doit tout raconter en détail à son mari qui en profite pour la punir. La situation échappe complètement à Maryse qui va devenir l’objet sexuel de ces deux hommes. Cela relance le désir du couple jusqu’au jour où Olivier décide d’organiser un dîner tous les trois…

Histoire érotique HARD, réservée à un public averti, mais qui plaira autant aux femmes qu’aux hommes…

Les thèmes abordés sont l’infidélité, l’échangisme, le candaulisme, et la soumission, mais tout ça n’arrive pas sans amour ni jalousie.